Comment fonctionne un ETF ?

Une société de gestion, l’émetteur, réunit l’argent de nombreux investisseurs et achète les titres que prévoient les règles du fonds, le plus souvent les actions d’un indice. Le fonds est divisé en parts cotées sur une Bourse comme NYSE Arca ou le Nasdaq, que vous négociez depuis un compte-titres pendant les heures de marché, avec les mêmes types d’ordres que pour les actions.

Vous détenez des parts du fonds, pas les actions qu’il contient. Elles montent et baissent avec tout le panier, et les dividendes des titres vous parviennent en général sous forme de distributions du fonds, après frais.

Hypothèse : un ETF détient 100 actions valant 1 milliard de dollars au total et compte 20 millions de parts. Chaque part représente environ 50 $ du panier : c’est la valeur liquidative (VL, ou NAV en anglais) par part. Le guide du day trading sur SPY présente l’ETF le plus connu de tous.

ETF (fonds coté en Bourse)
Un fonds qui détient un panier d’actifs et se négocie en Bourse sous un seul ticker, à un prix de marché qui varie pendant la séance.
Valeur liquidative (VL, NAV)
La valeur de tout ce que détient le fonds, moins ses dettes, divisée par le nombre de parts. La VL officielle est calculée une fois par jour, après la clôture.

Les types d’ETF : indiciels, sectoriels et thématiques

Les ETF indiciels suivent un indice large et en détiennent toutes les actions ou presque, le plus souvent pondérées par la capitalisation boursière. SPY et VOO suivent le S&P 500, QQQ suit le Nasdaq-100. Une seule part répartit votre argent sur des centaines d’entreprises ; voir les indices boursiers et investir dans les fonds indiciels.

Les ETF sectoriels détiennent un seul secteur, comme la technologie (XLK) ou la finance (XLF) ; voir les secteurs boursiers. Les ETF thématiques sont encore plus étroits, construits autour d’une idée comme la robotique (BOTZ) ou l’énergie propre (ICLN), souvent avec moins de titres. Plus le panier est étroit, plus la mauvaise année d’un seul secteur peut vous toucher.

Il existe aussi des ETF d’obligations, d’or ou d’autres matières premières, et des ETF qui filtrent leurs titres selon des critères islamiques ; voir investir en actions halal.

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Trois bocaux dessinés à la main côte à côte : un ETF indiciel (SPY, QQQ) rempli de nombreux petits points de couleurs variées, un ETF sectoriel (XLK, XLF) aux points d’une seule couleur, et un ETF thématique (BOTZ, ICLN) avec quelques gros points ; une double flèche en dessous va de plus diversifié à plus concentré.

Pourquoi un ETF cote-t-il près de sa valeur liquidative ?

Un ETF a deux prix : sa VL, la valeur des titres par part, et son prix de marché, fixé par les acheteurs et les vendeurs en Bourse. Pour un ETF liquide, les deux restent très proches grâce à un mécanisme appelé création et rachat.

De grandes sociétés de négociation, les participants agréés (authorized participants, AP), peuvent remettre à l’émetteur un panier des actions sous-jacentes contre de nouvelles parts (création), ou lui rendre des parts contre les actions (rachat). Avec une prime, quand l’ETF cote au-dessus de sa VL, ils créent des parts et les vendent, ce qui fait baisser le prix. Avec une décote, ils achètent des parts et les font racheter, ce qui le fait monter. Cet arbitrage maintient l’écart faible.

Le mécanisme fonctionne moins bien quand les titres détenus sont difficiles à négocier, comme certaines obligations ou des actions étrangères dont le marché est fermé, ou dans un marché très rapide. L’écart peut alors se creuser : utilisez des ordres à cours limité avec les ETF.

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Un graphique dessiné à la main avec une ligne de VL en pointillés et une ligne de prix de marché qui la suit de près ; là où le prix gonfle au-dessus de la VL (prime, en rouge), une note indique que les AP créent des parts et que le prix baisse, et là où il plonge en dessous (décote, en vert), une note indique que les AP rachètent des parts et que le prix monte.

ETF ou fonds commun de placement : quelle différence ?

Les deux regroupent l’argent des investisseurs dans un panier géré, et beaucoup de fonds communs indiciels suivent les mêmes indices que les ETF. Les différences portent sur la façon d’acheter, de vendre et de payer. Les fonds accessibles et leur fiscalité dépendent de votre pays et de votre courtier ; voir comment acheter des actions américaines.

  • Négociation : un ETF s’échange toute la séance au prix du marché ; un fonds commun s’achète ou se vend une fois par jour, à la VL du jour calculée après la clôture.
  • Accès : un ETF s’achète depuis n’importe quel compte-titres, dès une part ; un fonds commun auprès de la société de gestion ou d’une plateforme qui le distribue, parfois avec un montant minimum.
  • Coûts : les ETF indiciels ont souvent des frais bas, mais vous payez l’écart acheteur-vendeur à chaque transaction ; certains fonds communs ajoutent des frais d’entrée.

ETF à effet de levier et ETF inverses : pourquoi la remise à zéro quotidienne les érode

Un ETF à effet de levier vise un multiple, par exemple 2x ou 3x, de la performance d’un indice sur une seule journée ; un ETF inverse vise l’inverse du mouvement du jour, par exemple −1x. Leur exposition est réinitialisée chaque jour : sur des périodes plus longues, leur performance peut donc s’écarter fortement du multiple attendu, et dans un marché heurté cet écart joue le plus souvent contre vous.

Deux jours hypothétiques, avant frais : un indice part de 100, monte de 10 % à 110, puis baisse de 10 % à 99, soit une perte de 1 %. Un fonds 2x parti de 100 $ monte de 20 % à 120 $, puis baisse de 20 % à 96 $ : une perte de 4 %, pas de 2 %. Un fonds inverse (−1x) baisse de 10 % à 90 $, puis monte de 10 % à 99 $ : il perd lui aussi 1 % alors que l’indice a perdu 1 %.

La FINRA, le régulateur américain des courtiers, a averti que ces fonds ne conviennent généralement pas aux particuliers qui comptent les garder plus d’une séance. Lors d’un mouvement brutal, ils peuvent perdre l’essentiel de leur valeur rapidement. Le guide du day trading sur QQQ explique pourquoi TQQQ se comporte si différemment de QQQ.

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Un graphique en barres dessiné à la main sur deux jours, sur un axe qui commence à 80 : l’indice (gris) passe de 100 à 110 puis à 99 (+10 %, −10 %), tandis qu’un fonds 2x (orange) passe de 100 à 120 puis à 96 (+20 %, −20 %), avec un résultat surligné : indice −1 %, fonds 2x −4 %, pas le double de l’indice (2 × −1 % = −2 %).

Lire la fiche d’un ETF : frais, titres détenus et écart

Les frais de gestion annuels (expense ratio) sont prélevés par le fonds sur ses actifs et exprimés en pourcentage. Vous ne recevez jamais de facture : ils sont déduits progressivement et se traduisent par une performance un peu plus faible. Hypothèse : 10 000 $ placés dans un ETF à 0,10 % de frais coûtent environ 10 $ par an ; à 0,75 %, environ 75 $. Les ETF indiciels larges sont en général moins chers que les ETF sectoriels, thématiques ou à effet de levier.

Sur la page de l’émetteur ou l’écran de cotation de votre courtier, vérifiez ces points avant d’acheter :

  • Ce qu’il suit, et les frais : comparez d’abord sur le coût les fonds qui suivent le même indice.
  • Les principales lignes et leur poids : quelques positions géantes peuvent dominer un fonds.
  • Les encours (AUM) et le volume : les fonds plus gros et plus actifs ont en général un écart plus serré.
  • La prime ou la décote par rapport à la VL, et l’écart acheteur-vendeur que vous paierez.
  • Les distributions : à quelle fréquence les dividendes sont versés ; voir comment fonctionnent les dividendes.