Qu’est-ce qu’un fonds indiciel ?

Un indice est une liste avec des règles. Le S&P 500, par exemple, regroupe environ 500 grandes entreprises américaines choisies par un comité et pondérées par leur valeur de marché : les plus grandes pèsent le plus lourd. Les guides sur les indices boursiers et la capitalisation boursière expliquent ces deux notions.

Un fonds indiciel achète les actions de cette liste dans les mêmes proportions et s’ajuste quand la liste change. Personne au sein du fonds ne décide quelle entreprise semble bon marché ou prometteuse : ce sont les règles qui décident, d’où le nom de gestion passive. Quand vous achetez une part du fonds, comme sur le dessin en haut de la page, vous détenez un petit morceau de chaque entreprise de l’indice.

Fonds indiciel (index fund)
Un fonds classique ou un ETF qui détient les actions d’un indice dans les proportions de l’indice, pour suivre sa performance plutôt que la battre.

ETF indiciel ou fonds indiciel classique : quels fonds sont courants ?

Un même indice peut être proposé sous deux enveloppes. Le fonds indiciel classique (mutual fund) s’achète auprès de la société de gestion, à un prix unique calculé après la clôture. L’ETF indiciel (fonds négocié en Bourse) s’échange en Bourse toute la journée comme une action, depuis un compte-titres ordinaire, ce qui en fait la voie habituelle pour acheter des fonds américains depuis l’étranger. Le guide qu’est-ce qu’un ETF détaille leur fonctionnement.

L’indice compte plus que l’enveloppe. Exemples courants :

  • Fonds S&P 500 : environ 500 grandes entreprises américaines. SPY, IVV et VOO sont des ETF qui répliquent ce même indice.
  • Fonds « marché total » : des milliers d’entreprises américaines de toutes tailles, grandes, moyennes et petites. VTI en est un exemple.
  • Fonds Nasdaq-100 comme QQQ : 100 des plus grandes entreprises non financières cotées au Nasdaq, plus concentrés dans la technologie.
  • Des fonds sur d’autres pays, des secteurs ou des obligations, construits de la même façon sur d’autres indices.

Pourquoi les frais comptent : eux aussi se cumulent

Chaque fonds prélève des frais annuels (expense ratio) sur ses actifs. Vous ne recevez jamais de facture : votre performance est simplement plus faible. Les fonds indiciels larges comptent souvent parmi les fonds les moins chers, mais les frais varient d’un fonds à l’autre, et de petits écarts grossissent au fil des décennies.

Hypothèse : 10 000 $ placés 30 ans dans deux fonds qui détiennent les mêmes actions et progressent de 7 % par an avant frais, les frais étant retirés de la performance de chaque année. Sur le dessin ci-dessous, avec 0,05 % de frais annuels, la somme atteint environ 75 000 $ ; avec 1,00 %, environ 57 000 $. L’écart d’environ 18 000 $ correspond aux frais et à la croissance que ces frais auraient produite. Les performances réelles ne sont jamais aussi régulières, et 7 % est une hypothèse, pas une prévision.

Quand des fonds répliquent le même indice, comparez aussi l’écart de suivi et, pour les ETF, l’écart entre prix acheteur et vendeur payé à chaque transaction. Le prix de la part, lui, n’a aucune importance : une part à 500 $ et une part à 50 $ sur le même indice varient du même pourcentage.

Frais annuels (expense ratio)
Le coût annuel du fonds en pourcentage de la somme investie, prélevé à l’intérieur du fonds. 0,05 % représente 5 $ par an pour 10 000 $.
Écart de suivi (tracking difference)
L’écart entre la performance d’un fonds et celle de son indice sur une période, dû surtout aux frais.

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Un graphique de croissance dessiné à la main sur 0 à 30 ans pour 10 000 $ hypothétiques progressant de 7 % par an avant frais : une ligne verte pour 0,05 % de frais annuels qui finit vers ≈ 75 000 $ et une ligne rouge pour 1,00 % qui finit vers ≈ 57 000 $, avec l’écart hachuré entre les deux encadré d’une accolade ≈ 18 000 $ et la mention les frais et la croissance qu’ils auraient produite.

Gestion passive ou active : laquelle choisir ?

Un fonds actif rémunère un gérant pour choisir des actions et tenter de battre l’indice ; un fonds indiciel cherche seulement à le suivre, comme le compare le tableau ci-dessous. Les fonds actifs coûtent en général plus cher : ils doivent battre l’indice de plus que ce surcoût rien que pour faire jeu égal.

S&P Dow Jones Indices publie les rapports SPIVA, qui comparent les fonds actifs à leur indice de référence. Ses rapports sur les États-Unis ont constaté à plusieurs reprises que la plupart des fonds actions américains actifs ont fait moins bien que leur indice sur de longues périodes, comme 15 ans. Certains fonds actifs font mieux, mais il est difficile de les repérer à l’avance, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Beaucoup d’investisseurs de long terme font donc d’un fonds indiciel large leur placement de base. Dans sa lettre aux actionnaires de 2013, Warren Buffett écrivait que son conseil au fiduciaire de l’argent laissé à son épouse était de placer 90 % dans un fonds S&P 500 à très faibles frais et 10 % dans des obligations d’État à court terme ; voyez la stratégie de Warren Buffett pour la façon dont il choisit lui-même ses actions.

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Un tableau comparatif dessiné à la main avec deux en-têtes surlignés, fonds indiciel (passif) et fonds actif, et quatre lignes : objectif (suivre l’indice / battre l’indice), qui choisit (les règles de l’indice / un gérant), frais annuels (souvent plus bas / souvent plus élevés) et face à l’indice (l’indice moins les frais / devant ou derrière).

Quels sont les risques des fonds indiciels ?

Un fonds indiciel supprime le risque qu’une seule entreprise coule votre portefeuille, pas le risque de marché. Quand le S&P 500 baisse, un fonds S&P 500 baisse avec lui. L’indice a perdu environ 57 % entre son sommet de 2007 et son creux de 2009, et se remettre d’une baisse de 50 % demande une hausse de 100 %, comme le montre le dessin ci-dessous. Autres risques à connaître :

  • La concentration : la pondération par la valeur de marché permet à une poignée de très grandes entreprises de peser lourd dans l’indice.
  • Un seul marché, une seule classe d’actifs : un fonds d’actions américaines reste 100 % actions américaines. La diversification de portefeuille traite des autres niveaux.
  • Le comportement : vendre dans la panique pendant un marché baissier fige la perte que le fonds était censé traverser.
  • Le filtrage charia : un indice large comprend des banques conventionnelles et d’autres activités exclues par les filtres islamiques ; voyez investir dans des actions halal.

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Une courbe de capital dessinée à la main qui atteint un sommet, chute (le drawdown est ombré) puis remonte, avec trois barres : −10 % demande +11 %, −25 % demande +33 % et −50 % demande +100 % pour revenir au sommet.

Comment commencer à investir dans des fonds indiciels

Une séquence simple, quel que soit le montant de départ :

  1. Définissez à quoi sert l’argent et quand vous pourriez en avoir besoin. L’argent nécessaire d’ici quelques années est en général tenu à l’écart des actions.
  2. Ouvrez un compte-titres qui donne accès aux ETF cotés aux États-Unis ; le guide acheter des actions américaines détaille les étapes.
  3. Choisissez d’abord l’indice, puis comparez les fonds qui le répliquent selon leurs frais, leur taille et leur écart de cotation.
  4. Décidez comment acheter : tout d’un coup, ou un montant fixe selon un calendrier, comme dans l’investissement programmé.
  5. Sachez ce que deviennent les dividendes et quels impôts s’appliquent à vous, puis notez ce que vous ferez en cas de krach avant qu’il n’arrive.