Bid, ask et spread : les prix derrière chaque ordre

Chaque cotation affiche deux prix. Le bid (prix acheteur) est le prix le plus élevé qu'un acheteur accepte de payer à l'instant ; l'ask (prix vendeur, ou offre) est le prix le plus bas qu'un vendeur accepte. L'écart entre les deux est le spread. Achetez au marché et vous payez en général autour de l'ask ; vendez au marché et vous recevez en général autour du bid. Le dernier cours affiché à l'écran n'est pas forcément le prix que vous obtiendrez.

Exemple hypothétique : une action cotée 49,98 $ au bid et 50,02 $ à l'ask, soit un spread de 4 cents. Achetez à l'ask puis revendez aussitôt au bid : vous perdez 4 cents avant que quoi que ce soit ne bouge. Avec un stop à 60 cents, cela représente environ 7 % de votre risque, dépensés rien qu'à l'entrée. Les actions et ETF liquides ont en général des spreads serrés pendant la séance régulière ; les titres peu échangés et les séances étendues peuvent être bien plus larges.

Le slippage (glissement) est l'écart entre le prix attendu et le prix obtenu. Envoyez un ordre au marché de 300 actions alors que seules 100 sont proposées à 50,02 $ et que les vendeurs suivants sont à 50,04 $ : vous pouvez recevoir 100 actions à 50,02 $ et 200 à 50,04 $, soit une moyenne d'environ 50,033 $, 1,3 cent de plus que la cotation affichée. La SEC, le régulateur boursier américain, rappelle qu'un gros ordre au marché peut être exécuté en plusieurs morceaux à des prix différents.

Bid (prix acheteur)
Le prix le plus élevé qu'un acheteur accepte de payer à l'instant. Un ordre de vente au marché est en général exécuté à ce prix ou tout près.
Ask (prix vendeur)
Le prix le plus bas qu'un vendeur accepte à l'instant. Un ordre d'achat au marché est en général exécuté à ce prix ou tout près.
Spread (écart)
L'ask moins le bid. Vous le payez à chaque aller-retour, et il s'élargit quand les échanges sont rares.
Slippage (glissement)
L'écart entre le prix attendu et le prix réellement obtenu, dû à un mouvement rapide, à une liquidité faible ou à un gap.

Ordre au marché vs ordre limite : l'exécution ou le prix ?

Un ordre au marché est un ordre d'achat ou de vente immédiat au meilleur prix disponible. Sur une action liquide, il est presque toujours exécuté, mais il ne garantit pas le prix. Un ordre limite (ordre à cours limité) est un ordre d'achat ou de vente à un prix précis ou mieux : un achat limite n'est exécuté qu'à la limite ou en dessous, une vente limite qu'à la limite ou au-dessus. Il contrôle le prix, mais son exécution n'est pas garantie, car le marché doit atteindre votre limite.

Exemple hypothétique, même cotation : vous placez un achat limite à 49,90 $ près d'un support. Si les vendeurs descendent à 49,90 $, vous achetez à ce prix ou moins. Si le prix touche 49,93 $, fait demi-tour et file à 50,80 $, votre ordre n'est jamais exécuté et le mouvement se fait sans vous. Ce trade manqué est le coût du contrôle du prix. Une vente limite fonctionne dans l'autre sens : placée à 51,20 $ au-dessus de votre entrée, c'est un ordre de prise de bénéfice (take profit) exécuté seulement à 51,20 $ ou plus.

  • Ordre au marché : priorité à l'exécution. Le prix peut glisser, surtout lors de mouvements rapides, sur les titres peu liquides et pour les grosses quantités.
  • Ordre limite : priorité au prix. Il est exécuté à votre limite ou mieux, ou pas du tout.
  • L'achat limite attend sous le prix actuel ; la vente limite attend au-dessus.

Ordres stop : achat stop au-dessus, vente stop en dessous

Un ordre stop, aussi appelé ordre stop loss (ordre à seuil de déclenchement), attend que le prix atteigne un niveau choisi, le prix stop, puis devient un ordre au marché. Une vente stop se place sous le prix actuel et sert en général à limiter une perte ou à protéger un gain sur des actions que vous détenez. Un achat stop se place au-dessus du prix actuel, pour protéger une vente à découvert ou pour entrer si le prix casse à la hausse.

Le dessin en haut de page montre la règle à retenir : les ordres limites se placent du « bon » côté du prix (achat en dessous, vente au-dessus), les ordres stop du « mauvais » côté (achat au-dessus, vente en dessous). L'ordre qui n'achète que si le prix monte jusqu'à lui est donc un achat stop, et celui qui ne vend que si le prix descend jusqu'à lui est une vente stop.

Exemple hypothétique : vous achetez à 50,00 $ avec une vente stop à 49,40 $. Quand le prix atteint 49,40 $, le stop devient un ordre au marché. Dans un marché calme, il peut être exécuté à 49,39 $. Dans une chute rapide, il peut l'être à 49,25 $ : une perte de 0,75 $ au lieu de 0,60 $, soit 1,25R. Le prix stop est un déclencheur, pas un prix d'exécution. Les courtiers ne déclenchent d'ailleurs pas tous le stop de la même façon : certains se fient au dernier cours, d'autres à la cotation, alors renseignez-vous. Le guide stop loss et take profit explique où placer le stop.

Ordre stop limite : le contrôle du prix, sans promesse d'exécution

Un ordre stop limite (ordre à plage de déclenchement) combine les deux. Quand le prix stop est atteint, il devient un ordre limite qui ne peut être exécuté qu'au prix limite ou mieux. Le stop et la limite n'ont pas à être identiques : une vente stop limite peut se déclencher à 49,40 $ avec une limite à 49,30 $.

Exemple hypothétique, même achat à 50,00 $. Si le prix glisse de 49,45 $ à 49,35 $ tick après tick, l'ordre se déclenche à 49,40 $ et est exécuté entre 49,40 $ et 49,30 $. Si le prix chute de 49,45 $ à 49,10 $ en quelques secondes, l'ordre se déclenche mais reste en attente à 49,30 $ sans être exécuté, et vous êtes toujours acheteur pendant que la perte grossit. C'est tout l'arbitrage : le stop limite évite une mauvaise exécution en risquant de ne pas être exécuté du tout.

Il convient souvent mieux aux entrées. Un achat stop limite avec un stop à 50,60 $ et une limite à 50,70 $ achète une cassure seulement jusqu'à 50,70 $ ; si le prix bondit à 50,90 $, vous n'êtes pas exécuté, ce qui fait un trade manqué plutôt qu'une perte ouverte. Le guide stratégie de cassure (breakout) montre où placer ces déclencheurs.

Gaps : pourquoi un stop peut être exécuté bien au-delà du prix stop

Un gap est une ouverture nettement éloignée de la clôture précédente, souvent après des résultats ou une nouvelle publiés hors séance. Aucun échange n'a lieu entre les deux prix : un stop situé dans le gap se déclenche à l'ouverture et est exécuté autour du prix d'ouverture, où qu'il soit.

Exemple hypothétique : vous vendez à découvert à 50,00 $ avec un achat stop à 50,60 $. L'action clôture à 50,10 $, puis ouvre à 51,40 $ après une nouvelle, comme dans le panneau de gauche (« gap and go »). L'achat stop se déclenche à l'ouverture et est exécuté vers 51,40 $ : une perte de 1,40 $ par action au lieu de 0,60 $, soit environ 2,3R. La vente stop d'une position acheteuse fait la même chose sous un gap baissier.

Remplacez-le par un achat stop limite avec une limite à 50,70 $ : l'ordre se déclenche mais ne peut pas être exécuté, car le prix est déjà au-dessus de la limite. Dans le panneau de gauche, le prix continue de monter et vous n'avez aucune sortie. Dans celui de droite (« gap fill », comblement du gap), le prix redescend vers la clôture précédente et la limite peut être exécutée en route, mais c'est de la chance, pas un plan. Les gaps sont l'une des raisons pour lesquelles beaucoup de day traders évitent de garder des positions la nuit. Calculez chaque taille en sachant qu'un stop peut coûter plus de 1R ; le guide stratégie de trading des gaps traite les gaps en détail.

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Deux panneaux dessinés à la main avec une ligne en tirets pour la clôture précédente : à gauche, gap and go, le prix ouvre au-dessus, tient et continue de monter ; à droite, gap fill, le prix ouvre au-dessus puis redescend jusqu'à la clôture précédente, la zone du gap étant hachurée.

Stop suiveur (trailing stop) : un stop qui suit le prix

Un stop suiveur est un ordre stop (ou stop limite) dont le prix est fixé à une distance en dollars ou en pourcentage du cours. Quand le prix évolue en votre faveur, le stop le suit à cette distance ; quand il évolue contre vous, le stop ne bouge pas. Une fois déclenché, il se comporte comme n'importe quel ordre stop.

Exemple hypothétique : vous achetez à 50,00 $ avec un stop suiveur de vente à 0,80 $, donc un stop de départ à 49,20 $. Le prix monte à 51,50 $ et le stop remonte à 50,70 $. Le prix repart ensuite à la baisse ; le stop reste à 50,70 $, se déclenche à ce niveau et est exécuté tout près dans un marché calme, pour un gain d'environ 0,70 $ par action. Réglez en revanche l'écart à 0,20 $ sur une action qui oscille couramment de 30 cents, et le bruit normal vous sort à la première secousse. Beaucoup de traders règlent l'écart selon la volatilité ; le guide Average True Range (ATR) montre une méthode.

Ordres jour, ordres à révocation (GTC) et ordres hors séance

La durée de validité fixe combien de temps un ordre reste actif. Sauf choix contraire, les ordres sont en général des ordres jour : non exécutés, ils sont en général annulés à la fin de la séance régulière et ne sont reportés ni sur la séance étendue ni au lendemain. Un ordre à révocation (GTC, good-til-canceled) reste actif jusqu'à son exécution ou son annulation, même si chaque courtier fixe sa propre durée maximale. Certains proposent aussi les instructions IOC (exécution immédiate ou annulation) et FOK (tout exécuter immédiatement ou annuler).

Un ordre GTC oublié peut coûter cher. Exemple hypothétique : un achat limite GTC à 45,00 $ dort pendant des semaines. Après de mauvais résultats, l'action ouvre à 44,00 $, et l'ordre est exécuté vers 44,00 $. C'est bien « votre prix ou mieux », mais sur une nouvelle que vous n'aviez pas prévue.

Les actions américaines s'échangent en séance régulière de 9 h 30 à 16 h 00, heure de New York (ET), soit de 15 h 30 à 22 h 00 à Paris la majeure partie de l'année (de 14 h 30 à 21 h 00 du 26 au 30 octobre 2026) ; à Montréal, ce sont les mêmes heures qu'à New York. Le pré-marché peut commencer dès 4 h 00 ET sur les bourses et l'après-clôture dure jusqu'à 20 h 00 ET, mais votre courtier peut proposer moins. Hors séance régulière, beaucoup de courtiers n'acceptent que des ordres limites, une pratique courante destinée à vous protéger des mauvais prix : vérifiez chez le vôtre. La liquidité est plus faible, les spreads plus larges, et les prix de ces séances peuvent différer de l'ouverture suivante.

Exemple hypothétique : après des résultats publiés à 16 h 10 ET, une action dont le dernier cours était 80,00 $ est cotée 78,50 $ au bid et 79,40 $ à l'ask. Un achat limite à 79,00 $ attend un vendeur ; un ordre au marché, là où il est accepté, paierait l'ask ou pire. Demandez à votre courtier si vos stops sont actifs hors séance régulière et si les ordres hors séance non exécutés sont annulés ou reportés sur la séance suivante. Le guide horaires de la bourse américaine donne les heures dans votre ville.

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Une frise dessinée à la main sur 24 heures, en heure de New York : le pré-marché à partir de 4 h 00, la séance régulière de 9 h 30 à 16 h 00, puis l'après-clôture jusqu'à 20 h 00.

Ordres bracket et OCO : l'entrée, le stop et l'objectif placés ensemble

Un ordre OCO (one-cancels-the-other, « un ordre annule l'autre ») relie deux ordres : quand l'un est exécuté, l'autre est annulé. Un ordre bracket va plus loin : un ordre d'entrée auquel sont attachés une vente limite de prise de bénéfice et un stop loss. Les deux sorties deviennent en général actives une fois l'entrée exécutée, puis fonctionnent comme une paire OCO. Leur disponibilité et leur fonctionnement exact varient selon le courtier : essayez d'abord avec une petite taille.

Plan hypothétique sur un support, après la clôture d'une bougie haussière comme un marteau : achat limite à 50,00 $, vente stop à 49,40 $ sous le dernier creux, vente limite à 51,20 $ juste avant la résistance. Le risque est de 0,60 $ et le rendement de 1,20 $, soit un ratio risque/rendement de 1:2. En risquant 100 $, vous achetez 100 ÷ 0,60 = 166 actions. Si l'objectif est exécuté, le stop est annulé et vous gagnez environ 199 $. Si le stop est exécuté, l'objectif est annulé et vous perdez environ 100 $ plus le slippage, voire davantage à travers un gap.

Ce qui peut mal tourner : l'entrée n'est jamais exécutée et le prix part sans vous ; une exécution partielle laisse des sorties calibrées pour une autre quantité ; annuler une jambe à la main peut laisser l'autre active. Vérifiez comment votre plateforme gère chaque cas avant de vous y fier.

UpTickFlow, notre indicateur TradingView sur invitation, vous donne les trois chiffres dont un bracket a besoin. Il attend la clôture d'une bougie sur un niveau, note le setup de 0 à 100, n'affiche que les setups A+ et reste silencieux quand le marché est heurté, et chaque signal arrive avec une entrée, un stop et un objectif tracés avant le trade. Il ne passe aucun ordre : c'est vous qui saisissez le bracket chez votre courtier, et la décision vous appartient. Voir comment il fonctionne.

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Plan de trade dessiné à la main sur un graphique en chandeliers : une entrée, une ligne de stop en pointillés en dessous, marquée stop, et une ligne en tirets qui monte vers l'objectif au-dessus, marqué objectif.

Quel ordre pour quel usage : la check-list avant d'envoyer l'ordre

Une carte simple : des ordres limites pour entrer sur un niveau prévu et pour prendre vos bénéfices ; des achats stop ou stop limite pour entrer sur une cassure ; des ordres stop pour protéger une position quand sortir compte plus que le prix exact ; et, en pratique, uniquement des ordres limites en pré-marché, en après-clôture et sur les titres peu liquides.

Posez-vous ensuite ces questions tant que vous n'êtes pas en position. Si une réponse est non, il n'y a pas d'ordre.

  1. L'unité de temps supérieure va-t-elle dans le même sens ? Le guide analyse multi-unités de temps explique comment vérifier.
  2. Le prix est-il sur un niveau qui compte, comme un support ou une résistance ?
  3. La bougie de déclenchement est-elle clôturée ?
  4. Le stop (au point d'invalidation) et l'objectif (avant le prochain niveau) sont-ils fixés, avec un type d'ordre choisi pour chacun ?
  5. La taille est-elle calculée à partir du stop, pour qu'une perte complète coûte votre risque fixe, par exemple 1 % du compte ou moins ? Le calculateur de taille de position fait le calcul.

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Check-list dessinée à la main avant le trade, avec des cases cochées pour : unité de temps supérieure d'accord, prix sur un niveau, bougie clôturée, stop et objectif fixés ; la dernière ligne indique taille = risque de 1 %.