Qu’est-ce qu’un ETF, un fonds indiciel et un fonds commun de placement ?

Ce sont trois fonds collectifs : de nombreux investisseurs placent leur argent dans un même portefeuille géré par un professionnel agréé, et chaque part représente une tranche de tout ce que détient le fonds. C’est le panier du dessin ci-dessous. Les différences tiennent à l’enveloppe (comment les parts s’achètent et se vendent) et à la stratégie (qui décide de ce que détient le fonds). En France, on parle plutôt d’OPCVM (SICAV ou FCP), et un ETF y est souvent appelé « tracker ».

Hypothèse : vous placez 1 000 $ dans la seule entreprise A, ou 1 000 $ dans un fonds de 500 actions où l’entreprise A pèse 0,2 %. Si A chute de 50 %, la ligne en direct perd 500 $, alors que le fonds n’en perd qu’environ 1 $. Mais si tout le marché baisse de 20 %, le fonds baisse lui aussi d’environ 20 % : −200 $.

ETF (fonds indiciel coté, ou tracker)
Un fonds dont les parts se négocient en bourse tout au long de la séance au prix du marché. Vous les achetez et les vendez via un compte-titres, pas auprès du fonds.
Fonds commun de placement (mutual fund)
Un fonds ouvert qui émet et rachète lui-même ses parts à la prochaine valeur liquidative calculée après votre ordre, en général une fois par jour ouvré.
Fonds indiciel (index fund)
Un fonds commun de placement ou un ETF qui vise à reproduire la performance d’un indice avant frais, en détenant tous ses titres ou un échantillon.
Fonds à gestion active
Un fonds dont le gérant achète et vend des titres sans suivre un indice, en cherchant en général à battre un indice de référence.
Ratio de frais (expense ratio)
La part de l’actif net moyen d’un fonds consacrée chaque année à ses frais de fonctionnement. Un ratio de 0,20 % coûte environ 20 $ par an pour 10 000 $ investis.

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À gauche, une grande boîte « une seule action » avec un seul bloc coloré ; à droite, un panier « ETF / fonds indiciel » rempli de nombreux petits blocs, avec la note « une part = une tranche de nombreuses entreprises ».

ETF ou fonds indiciel : une fausse opposition

On cherche « ETF ou fonds indiciel » comme s’il s’agissait de contraires, mais les deux mots répondent à des questions différentes. « Indiciel » décrit la stratégie : suivre un indice au lieu de choisir des actions. « ETF » et « fonds commun de placement » décrivent l’enveloppe. La SEC, le gendarme boursier américain, rappelle que les ETF comme les fonds communs de placement peuvent suivre une stratégie passive ou active.

Il existe donc quatre combinaisons : fonds communs indiciels, ETF indiciels, fonds communs à gestion active et ETF à gestion active. Quand on dit « fonds indiciel », on pense souvent à un fonds commun indiciel, comme dans le dessin en haut de la page. Le nom d’un fonds ne suffit pas toujours à savoir ce qu’il est : la SEC conseille de lire la section stratégie de son prospectus.

ETF ou fonds commun de placement : prix et négociation

Un fonds commun de placement calcule sa valeur liquidative (actif moins passif, par part ; NAV en anglais) une fois par jour ouvré, en général après la clôture des grandes bourses américaines à 16 h, heure de New York. Votre ordre est exécuté à la prochaine valeur liquidative calculée après sa réception : un achat passé à 11 h (New York) sera exécuté au prix du soir, que vous ne connaissez pas au moment de cliquer. Après l’heure limite, c’est la valeur du lendemain.

Un ETF se négocie pendant l’ouverture du marché, au prix convenu entre acheteurs et vendeurs, qui peut être un peu au-dessus ou en dessous de sa valeur liquidative (prime ou décote). De grands établissements appelés participants autorisés créent et rachètent des parts d’ETF par gros blocs, et cet arbitrage maintient en général le cours près de la valeur liquidative. Notre guide des horaires de la bourse américaine donne les heures de séance.

Hypothèse : un ETF affiche 50,00 $ à l’achat et 50,02 $ à la vente. Achetez 100 parts au marché et vous payez environ 5 002 $ ; revendez-les aussitôt et vous touchez environ 5 000 $, soit 2 $ de coût dû au seul écart acheteur-vendeur. Sur un ETF peu échangé coté 49,80 $ / 50,20 $, le même aller-retour coûte 40 $, et un ordre au marché dans un mouvement rapide peut être exécuté plus mal. Un ordre à cours limité plafonne votre prix ; voyez les types d’ordres.

Les coûts : ratio de frais, droits d’entrée et frais de transaction

Chaque fonds a un ratio de frais prélevé sur ses actifs : vous ne recevez jamais de facture, il réduit simplement votre rendement, bonne ou mauvaise année. Les fonds indiciels coûtent en général moins cher que les fonds actifs, car personne n’est payé pour analyser et sélectionner les actions, mais la SEC prévient que tous les fonds indiciels ne sont pas moins chers : vérifiez le tableau des frais du prospectus.

Hypothèse : 10 000 $ placés à un rendement supposé de 6 % par an avant frais pendant 25 ans finissent vers 42 400 $ avec un ratio de frais de 0,05 % et vers 33 900 $ avec 1,00 %, soit un écart d’environ 8 500 $ dû aux seuls frais. Une année où le marché perd 10 %, les frais restent dus : environ −10,05 % contre −11 %. Le ratio s’applique à tout le solde, croissance comprise : à mesure que la croissance devient la plus grosse part du solde d’un investisseur régulier (voir le dessin), le même pourcentage coûte davantage de dollars. Les 6 % sont une hypothèse ; les rendements réels varient et peuvent être négatifs. Testez vos chiffres avec le calculateur d’intérêts composés.

  • Les fonds communs de placement peuvent ajouter des droits d’entrée (sales load). Dans l’exemple de la SEC, des droits d’entrée de 5 % sur un achat de 10 000 $ laissent 9 500 $ investis. Certains facturent aussi des frais 12b-1 (frais de distribution), des frais de rachat ou des frais de tenue de compte.
  • Les ETF facturent rarement des frais directs aux porteurs, et les frais 12b-1 concernent en général les fonds communs, pas les ETF. Vous pouvez en revanche payer une commission de courtage et l’écart acheteur-vendeur à chaque transaction.
  • Un fonds « sans droits d’entrée » (no-load) ne prélève pas de droits d’entrée mais peut facturer d’autres frais.

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Des barres annuelles empilées de Y1 à Y10 : la partie grise du bas, « ce que vous versez », augmente régulièrement, tandis que la partie verte du haut, « croissance », commence minuscule et devient la plus grande sur les dernières barres.

Gestion active ou passive : ce que vous payez au gérant

Un fonds indiciel vise à reproduire son indice avant frais ; il fait donc un peu moins bien que l’indice à cause des frais, des coûts de transaction et de l’écart de suivi (tracking error). Un fonds actif peut battre son indice de référence, mais la SEC souligne que sa performance dépend fortement du talent du gérant, et ses frais plus élevés sont un obstacle à franchir d’abord.

Hypothèse : l’indice gagne 8 % sur un an. Un fonds indiciel qui prélève 0,05 % garde environ 7,95 %. Un fonds actif qui prélève 0,80 % doit gagner environ 8,75 % avant frais rien que pour l’égaler. Une année où l’indice perd 15 %, le fonds indiciel perd environ 15,05 % ; le fonds actif peut perdre moins si le gérant a bien choisi, ou plus sinon. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Efficacité fiscale : le cadre général aux États-Unis

Sur un compte-titres américain imposable, les fonds reversent à leurs porteurs les plus-values réalisées, en général en fin d’année, et ces distributions sont en principe imposables même si vous n’avez vendu aucune part. Comme beaucoup d’ETF échangent des titres en nature avec les participants autorisés au lieu de les vendre contre du cash, la SEC indique qu’ils distribuent en général moins de plus-values que les fonds communs. Les fonds indiciels des deux types négocient aussi moins, ce qui réduit souvent les plus-values réalisées.

Hypothèse : vous achetez pour 5 000 $ d’un fonds commun actif en novembre, et en décembre il vous distribue 300 $ de plus-values sur des actions vendues pendant l’année. Ces 300 $ sont en principe imposables pour l’année, même si vos parts valent désormais moins que leur prix d’achat. Revendre vos propres parts avec un gain est un fait imposable dans les deux cas.

Dans un compte à avantage fiscal comme un 401(k) ou un IRA (comptes de retraite américains), la SEC indique qu’il n’y a pas de différence fiscale entre un ETF et un fonds commun. La fiscalité dépend de votre situation et de votre pays ; ceci est une information générale, pas un conseil fiscal.

Ce qu’un fonds peut faire, ou non, pour votre risque

Un fonds large supprime l’essentiel du risque qu’une seule entreprise coule votre portefeuille. Il ne supprime pas le risque de marché : quand tout le marché baisse, un fonds qui détient le marché baisse avec lui. Les fonds ne sont pas assurés par la FDIC (l’assurance des dépôts américaine) ni par aucune agence publique, et vous pouvez perdre de l’argent dans n’importe lequel.

Tous les ETF ne sont d’ailleurs pas larges. Certains détiennent un seul secteur, voire suivent une seule action. Les ETF à effet de levier et inverses sont conçus pour atteindre leur objectif au jour le jour, et la SEC prévient que leur rendement sur des périodes plus longues peut s’écarter nettement de cet objectif quotidien. Notre guide sur la diversification de portefeuille explique comment répartir le risque entre fonds et classes d’actifs, et celui sur l’effet de levier et la marge pourquoi le levier multiplie les pertes.

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Une courbe « risque du portefeuille » descend à mesure que le nombre de lignes passe de 1 à 5, 10, 20 et 30, puis s’aplatit sur une ligne en pointillés « le risque de marché reste » ; la zone hachurée au-dessus indique « risque que l’on peut diversifier ».

ETF ou fonds commun : à qui convient chacun ?

Il n’y a pas de meilleur type dans l’absolu : tout dépend de votre façon d’investir, du compte utilisé et de ce que vous acceptez de payer. Acheter des ETF pour les conserver et les trader en intraday sont deux activités différentes : si le trading à court terme vous intéresse, voyez le guide du day trading sur SPY. UpTickFlow, notre indicateur TradingView sur invitation, est conçu pour les configurations intraday sur les actions et ETF américains liquides, en unités de temps de 5 minutes à 1 heure ; il ne choisit pas de fonds et ne compare pas les ratios de frais. De façon générale :

  • L’investisseur de long terme sur un compte imposable compare souvent ETF indiciels et fonds communs indiciels sur le coût, les ETF étant en général plus efficaces fiscalement.
  • Celui qui investit une somme fixe chaque mois peut trouver les fonds communs plus simples : on achète directement au fonds à la valeur liquidative, sans écart acheteur-vendeur, et réinvestir les dividendes est en général plus facile qu’avec un ETF. Voyez l’investissement programmé.
  • Celui qui veut le jugement d’un gérant peut choisir un fonds actif, après avoir comparé ses coûts totaux à ceux d’une alternative indicielle moins chère.
  • Celui qui veut des prix en continu, des ordres à cours limité ou la possibilité de vendre en séance a besoin d’ETF, détenus sur un compte-titres.