Qu’est-ce que la force relative ? La ligne RS expliquée

La ligne RS divise le cours d’une action par celui d’un indice de référence, barre après barre. Le chiffre lui-même n’a pas d’importance, seule sa direction compte. Exemple hypothétique : une action à 50 $ et SPY à 500 $ donnent un ratio de 0,100. Si l’action monte à 60 $ (+20 %) pendant que SPY monte à 525 $ (+5 %), le ratio devient 60 ÷ 525 = 0,114, en hausse d’environ 14 %, car 1,20 ÷ 1,05 = 1,143. L’action a battu le marché de cette marge.

Choisissez l’indice de référence qui correspond à ce que vous tradez. SPY ou le S&P 500 est le choix habituel pour les grandes actions américaines, QQQ pour la technologie, et un ETF sectoriel quand vous voulez savoir si une action mène son propre groupe. Une action peut battre le marché uniquement parce que tout son secteur est fort ; diviser par l’ETF sectoriel sépare la force propre de l’action de celle de son groupe.

Sur TradingView, tapez directement le ratio dans la recherche de symboles, par exemple NVDA/SPY, puis appuyez sur Entrée : le graphique affiche l’action divisée par SPY sous forme d’une seule ligne. Lisez sa pente sur des semaines et des mois, pas sur des jours. Une ligne RS qui monte pendant que le marché recule, l’action tenant bon tandis que l’indice glisse, en dit souvent plus qu’une surperformance dans un rallye, quand beaucoup d’actions montent ensemble.

Force relative ou RSI : ce n’est pas la même chose

Les noms sèment une confusion sans fin. L’indicateur RSI (Relative Strength Index, indice de force relative) est un oscillateur de momentum de 0 à 100 qui compare les gains récents d’une action à ses propres pertes récentes. Il ne regarde jamais un autre marché. L’analyse de la force relative compare deux marchés : l’action face à un indice ou à un secteur.

Les deux peuvent diverger. Une action peut afficher un RSI au-dessus de 70, en surachat selon ses propres critères, alors que sa ligne RS est plate parce que tout le marché a progressé tout aussi fort. Ou le RSI peut stagner à 45 pendant que la ligne RS marque de nouveaux sommets, parce que l’action a moins baissé que l’indice. Dans les screeners d’actions, une colonne intitulée Relative Strength Index désigne le RSI, pas la force face au marché. Petit glossaire :

Ligne de force relative (ligne RS)
Le cours d’une action divisé par celui d’un indice de référence, tracé sous forme de ligne. Si elle monte, l’action surperforme l’indice ; si elle baisse, l’action est à la traîne.
Relative Strength Index (RSI)
Un oscillateur de momentum de 0 à 100 qui compare les gains récents d’une action à ses pertes récentes. Il ne compare pas l’action au marché.
Force relative de Mansfield
Le ratio RS exprimé en pourcentage au-dessus ou au-dessous de sa propre moyenne mobile longue, en général sur 52 semaines, de sorte que zéro sépare les actions en tête des actions à la traîne.
Rang de force relative (RS rank, RS rating)
Un score en centile, souvent de 1 à 99, qui classe la performance du cours d’une action sur une période donnée face à toutes les autres actions. Un rang de 80 signifie qu’elle a fait mieux qu’environ 80 % d’entre elles.

Pourquoi une ligne RS qui marque un nouveau sommet avant le cours compte

Beaucoup de traders d’actions de croissance guettent le moment où la ligne RS atteint un nouveau sommet avant le cours de l’action. Cela signifie que l’action bat déjà le marché alors que son cours est encore dans une base, souvent parce qu’elle a tenu bon pendant un repli du marché. Quand le cours casse ensuite à la hausse, le mouvement s’appuie sur un vrai leadership, au lieu d’être un simple rattrapage.

Le dessin en haut de la page montre cette configuration : la ligne RS franchit son sommet précédent plusieurs semaines avant que le cours ne franchisse le sien. L’inverse est un signal d’alerte : une cassure du cours vers un nouveau sommet avec une ligne RS nettement sous son propre sommet signifie que l’action monte moins que le marché.

Considérez-le comme un filtre, pas comme un déclencheur. Un nouveau sommet de la RS indique que l’action a mené jusqu’ici ; l’entrée vient toujours de la figure, comme une tasse avec anse ou une figure de contraction de volatilité (VCP), et le stop vient du graphique.

Force relative de Mansfield : la RS au-dessus ou au-dessous de sa propre moyenne

La ligne RS brute n’a pas de ligne zéro, ce qui rend difficile de dire si une action est en tête ou à la traîne. La force relative de Mansfield, utilisée dans l’analyse des phases de Stan Weinstein, règle ce problème en comparant le ratio à sa propre moyenne mobile longue. Une formule courante : RS de Mansfield = (ratio RS ÷ sa moyenne mobile simple sur 52 semaines − 1) × 100. Sur les graphiques journaliers, environ 200 jours remplacent les 52 semaines.

Exemple hypothétique : le ratio vaut 0,115 et sa moyenne sur 52 semaines 0,100, donc RS de Mansfield = (0,115 ÷ 0,100 − 1) × 100 = +15. Au-dessus de zéro, l’action a mené sur l’année écoulée ; au-dessous, elle a été à la traîne. Weinstein cherchait une force relative qui passe du négatif au positif autour d’une cassure de phase 2, et écartait les actions dont la force relative restait négative, aussi beau que soit le graphique.

Sur TradingView, affichez un ratio comme NVDA/SPY en unité de temps hebdomadaire et ajoutez une moyenne mobile simple sur 52 périodes : un ratio au-dessus de sa moyenne équivaut à une lecture de Mansfield positive. Des scripts de la communauté la tracent aussi sous forme d’oscillateur autour de zéro.

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Deux panneaux. En haut : une ligne hypothétique « ratio RS » et sa « moyenne 52 semaines » (en tirets), le ratio passant au-dessus de la moyenne. En bas : la ligne « RS de Mansfield » passe de sous zéro (« sous zéro : en retard ») à au-dessus de zéro (« au-dessus de zéro : en tête »), le croisement étant marqué d’un point rouge avec la note « passe au-dessus de zéro : prend la tête ». La formule « (ratio ÷ moyenne 52 semaines − 1) × 100 » est écrite en dessous.

Comment classer les actions et les secteurs par force relative

Le classement transforme la force relative en liste restreinte. La version la plus simple compare la performance de chaque action à celle de l’indice sur la même période, par exemple 3, 6 ou 12 mois. Exemple hypothétique sur six mois, avec l’indice en hausse de 10 % : action A +30 %, action B +12 %, action C −5 % et action D +18 %. Par rapport à l’indice : A 1,30 ÷ 1,10 = 1,18 (+18 %), D +7 %, B +2 % et C 0,95 ÷ 1,10 = 0,86 (−14 %). Le classement est A, D, B, C.

Un rang en centile fait la même chose sur tout le marché : un rang de 80 signifie que l’action a fait mieux qu’environ 80 % de toutes les actions sur la période, et la méthode CAN SLIM privilégie les actions classées 80 ou plus. Dans le screener d’actions de TradingView, les colonnes de performance, par exemple sur 3, 6 ou 12 mois, permettent de trier par performance et de comparer chaque chiffre à celui du S&P 500.

Faites de même pour les secteurs : divisez chaque ETF sectoriel, comme XLK, XLE, XLF ou XLV, par SPY et regardez quels ratios montent. Les leaders viennent souvent des groupes en tête : beaucoup de traders classent donc d’abord les secteurs, puis cherchent les actions les plus fortes parmi les deux ou trois premiers. Une routine simple :

  1. Choisissez une période et un indice de référence, par exemple 6 mois face à SPY.
  2. Calculez la performance relative de chaque action : (1 + performance de l’action) ÷ (1 + performance de l’indice).
  3. Triez de la plus forte à la plus faible et gardez à peu près le premier cinquième.
  4. Vérifiez chaque ligne RS sur le graphique hebdomadaire : monte-t-elle, et est-elle proche de son sommet ?
  5. Vérifiez le ratio du secteur : le groupe de l’action est-il lui aussi en tête ?

Rotation sectorielle et graphiques de rotation à quatre quadrants

Le leadership tourne. Un graphique de rotation place chaque secteur sur deux axes : le niveau de sa force relative face à l’indice de référence (axe horizontal) et le fait que cette force relative s’améliore ou s’essouffle (axe vertical). Les deux sont en général normalisés pour que 100 se trouve au centre. On obtient quatre quadrants : en tête (fort et en amélioration), en perte de vitesse (fort mais qui s’essouffle), en retard (faible et qui s’essouffle) et en amélioration (faible mais qui se renforce).

Les secteurs parcourent souvent les quadrants dans le sens des aiguilles d’une montre, du quadrant « en amélioration » au quadrant « en tête », puis « en perte de vitesse », « en retard » et de nouveau « en amélioration », comme le montre la traîne hypothétique du dessin. Les traders s’en servent pour repérer les groupes qui passent d’« en amélioration » à « en tête », et pour remarquer quand un leader commence à s’essouffler. Cela reste une image du passé : le trajet peut s’inverser, caler ou sauter, et un secteur peut rester des mois dans le même quadrant. Le guide des secteurs boursiers présente la version classique de la rotation selon le cycle économique.

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Un graphique à quatre quadrants, avec la « force relative vs indice » sur l’axe horizontal et le « momentum de la RS » sur l’axe vertical, qui se croisent à 100. Les quadrants indiquent « en amélioration » (en haut à gauche), « en tête » (en haut à droite), « en perte de vitesse » (en bas à droite) et « en retard » (en bas à gauche). La traîne de points d’un « secteur (hypothétique) » tourne dans le sens horaire, du quadrant en retard vers en amélioration puis en tête, avec les notes « trajet habituel : sens horaire » et « une image du passé, pas une prévision ».

La place de la force relative dans CAN SLIM et l’analyse des phases

Dans CAN SLIM, le L signifie leader or laggard (leader ou retardataire) : William O’Neil voulait les leaders des groupes en tête, avec un rang de force relative élevé et une ligne RS proche de ses sommets au moment de la cassure. Dans l’analyse des phases, Weinstein voulait une force relative positive, ou en train de le devenir, pour les achats en phase 2, et négative pour les ventes à découvert en phase 4.

Les deux méthodes placent le marché en premier. La force relative est un outil de classement dans un marché sain ; dans un marché qui baisse, les actions à la meilleure RS baissent souvent aussi, simplement moins. Le trading momentum et le suivi de tendance reposent sur la même idée : détenir ce qui fonctionne déjà et couper ce qui ne fonctionne pas.

Exemple chiffré : de la RS à la liste de suivi (hypothétique)

Vous commencez par les ratios sectoriels. Sur les trois derniers mois, XLK/SPY a gagné 6 % et XLE/SPY a perdu 4 % : la technologie est en tête. Dans ce secteur, vous classez les actions selon leur performance sur six mois face à SPY : l’action T gagne 34 % contre 10 % pour SPY, soit une performance relative de 1,34 ÷ 1,10 = 1,22, environ 22 % d’avance sur le marché.

Sur le graphique hebdomadaire de T, la ligne RS (T/SPY) a marqué un nouveau sommet il y a deux semaines, alors que le cours se trouve encore environ 6 % sous son ancien sommet de 120 $, dans une base serrée. La RS de Mansfield est à +18 et monte. Cette combinaison place T sur la liste de suivi ; ce n’est pas encore un trade.

Le plan de trade vient du graphique : un achat hypothétique au-dessus de 120 $ sur volume en hausse, un stop sous la base à 111 $, soit un risque de 9 $ par action. Avec un compte de 50 000 $ et une limite de risque de 1 %, 500 $ ÷ 9 $ = 55 actions, une position d’environ 6 600 $. Si T casse à la hausse pendant que sa ligne RS recule, ce tableau plus faible est une raison de passer votre tour ou de réduire la taille. Voir la gestion du risque pour l’étape du dimensionnement. Sur les graphiques journaliers et hebdomadaires, la stratégie UpTickFlow utilise trois filtres ; une ligne RS en tête est un contexte utile à côté d’un tel signal, et rien de tout cela ne supprime le risque de perte.

Erreurs courantes avec la force relative

La force relative est un filtre puissant, et la plupart de ses échecs viennent du fait qu’on la lit seule :

  • Une RS qui monte parce que l’indice baisse plus vite : si l’action perd 10 % pendant que l’indice perd 20 %, la ligne RS monte de 12,5 % (0,90 ÷ 0,80 = 1,125), et pourtant vous avez perdu 10 %. Une ligne RS en hausse dans un marché en baisse n’est pas un signal d’achat à elle seule, comme le montre le dessin ci-dessous.
  • Confondre RS et RSI : un filtre « Relative Strength Index au-dessus de 70 » trouve des actions en surachat, pas des leaders du marché.
  • Utiliser le mauvais indice de référence : une petite action de biotechnologie mesurée face au S&P 500 peut paraître forte uniquement parce que les petites capitalisations ou la biotech sont en hausse ; comparez-la aussi à son secteur.
  • Lire des fenêtres courtes : une semaine de surperformance, c’est du bruit ; lisez la ligne RS sur plusieurs mois, en graphique hebdomadaire.
  • Courir après le leader de la RS après une énorme hausse : les actions les plus fortes peuvent aussi être les plus étirées, et la RS ne dit rien du prix d’entrée ni du stop.

Tournez votre téléphone pour lire l’image. Touchez pour fermer.

Deux panneaux. En haut : une « action » hypothétique qui baisse de 100 à 90 (−10 %) et l’« indice » qui baisse de 100 à 80 (−20 %, en tirets). En bas : la ligne RS qui monte de 12,5 %, avec une note surlignée « RS en hausse, cours en baisse : vous perdez quand même 10 % ».