Qu’est-ce que la figure en tasse avec anse ?
Une tasse avec anse est une base : une pause pendant laquelle une action déjà en hausse digère ses gains. Le dessin en haut de la page en nomme les parties. La tasse est un creux arrondi suivi d’une remontée vers l’ancien plus haut ; l’anse est un repli plus petit et plus calme près du haut de son côté droit. La cassure se produit quand le prix franchit le haut de l’anse.
L’explication habituelle tient à l’offre et à la demande. Ceux qui veulent sortir vendent sur le côté gauche, et le fond arrondi montre que ces ventes se tarissent peu à peu plutôt que dans une seule panique. Près de l’ancien plus haut, ceux qui ont acheté au sommet peuvent vendre pour sortir à l’équilibre ; l’anse absorbe cette offre, et un volume faible à cet endroit suggère qu’il reste peu de vendeurs. C’est une interprétation, pas une loi, et la figure ne fonctionne qu’une partie du temps.
On la trade surtout en graphique journalier et hebdomadaire, où une base met des semaines ou des mois à se former, et c’est pour ces graphiques qu’O’Neil a écrit les repères ci-dessous. Elle appartient à la famille des figures chartistes de continuation : elle se forme dans une tendance haussière et parie sur sa reprise.
- Tasse (cup)
- La partie arrondie en U de la base : une baisse depuis un plus haut, un fond arrondi et une remontée vers ce plus haut.
- Anse (handle)
- Un repli court et peu profond près du haut du côté droit de la tasse, idéalement avec un volume faible, juste avant la cassure.
- Point d’achat (pivot)
- Le prix le plus haut de l’anse. Un passage au-dessus, idéalement avec un fort volume, est le signal d’entrée.
- Profondeur de la tasse
- La baisse entre le plus haut gauche de la tasse et son point le plus bas, en dollars ou en pourcentage. Elle fixe l’objectif mesuré approximatif.
Règles de la tasse avec anse : les repères d’O’Neil les plus cités
O’Neil décrivait la figure avec des chiffres approximatifs plutôt qu’avec des règles strictes, et ils circulent en de nombreuses versions légèrement différentes. Voyez-les comme des repères pour reconnaître une base saine, pas comme des conditions qui feraient réussir une cassure.
La profondeur compte pour une raison simple : plus la tasse est profonde, plus le prix doit regagner de terrain rien que pour revenir à l’ancien plus haut. Une action qui perd 33 % doit gagner environ 50 % pour revenir à son sommet ; une action qui perd 50 % doit gagner 100 %. Le guide CAN SLIM présente les filtres sur les bénéfices et le marché qu’O’Neil appliquait avant de regarder une base. Les versions les plus citées :
- Hausse préalable : une progression nette avant la base, souvent chiffrée à environ 30 % ou plus.
- Un U arrondi, pas un V pointu : le fond prend du temps, le temps que les vendeurs abandonnent peu à peu.
- Durée : la base entière, anse comprise, prend en général au moins sept semaines environ, et souvent plusieurs mois.
- Profondeur : environ 12 % à 33 % entre le plus haut gauche et le creux de la tasse en marché normal ; les tasses formées en marché baissier peuvent être plus profondes.
- Position de l’anse : dans la moitié supérieure de la base, au-dessus du milieu de la tasse, en dérivant vers le bas ou à l’horizontale plutôt que vers le haut.
- Profondeur et durée de l’anse : un repli de pas plus d’environ 10 % à 12 % depuis le plus haut de l’anse en marché normal, qui dure en général au moins une semaine environ, avec un volume qui se tarit près de son plus bas.
- Volume de cassure : nettement au-dessus de la moyenne le jour où le prix franchit le point d’achat ; l’enseignement courant demande au moins 40 % de plus que le volume quotidien moyen de l’action.
Où se trouve le point d’achat d’une tasse avec anse ?
Exemple hypothétique, utilisé dans tout ce guide : une action monte de 55,00 $ à 80,00 $, soit 45 % de hausse. En cinq semaines, elle recule à 60,00 $, une tasse de 25 % de profondeur, puis s’arrondit et remonte à 78,00 $ au cours des sept semaines suivantes. L’anse dérive de 78,00 $ à 73,50 $ en deux semaines, un repli de 5,8 %, avec un volume plus faible. Le milieu de la base est à 70,00 $ : l’anse reste donc dans la moitié supérieure. Le point d’achat est le plus haut de l’anse : 78,00 $.
Les traders de cassure placent souvent un ordre stop d’achat quelques cents au-dessus du point d’achat, pour n’être exécutés que si le prix le franchit vraiment. Une version plus prudente attend que la bougie journalière clôture au-dessus. Dans les deux cas, regardez le volume : ici l’action clôture à 78,90 $ sur 2,1 millions de titres contre une moyenne de 1,3 million, environ 62 % au-dessus de la normale, soit un volume relatif d’environ 1,6. Le dessin ci-dessous illustre l’idée : une barre de cassure nettement au-dessus de la moyenne.
O’Neil conseillait d’acheter aussi près que possible du point d’achat et pas plus d’environ 5 % au-dessus : ici, pas au-delà de 81,90 $. Plus haut, vous courez après le prix, et le stop se retrouve trop loin. Notez l’ancien plus haut à 80,00 $, juste au-dessus, où des vendeurs attendent peut-être. Le guide de la stratégie de cassure compare les méthodes d’entrée et les filtres contre les fausses cassures.
Stop loss d’une tasse avec anse : sous l’anse, jamais plus de 7–8 %
Le stop logique se place juste sous le plus bas de l’anse : si le prix repasse en dessous, la purge a échoué et la base est cassée. Dans l’exemple, le plus bas de l’anse est à 73,50 $, donc le stop va à 73,40 $. Depuis l’entrée à 78,90 $, le risque est de 5,50 $ par action, environ 7,0 %.
La règle de perte d’O’Neil ajoute un plafond : vendez toute action qui recule de 7 % à 8 % sous votre prix d’achat, sans exception. Ici, le stop sous l’anse reste dans cette limite. Si une anse profonde plaçait le stop logique à 10 %, la règle imposerait un stop à l’intérieur de l’anse, là où le bruit normal peut le toucher : beaucoup de traders écartent donc ces bases. Le dessin ci-dessous montre la disposition classique.
La taille découle du stop. Hypothèse : avec un compte de 20 000 $ et un risque de 1 % par trade, vous pouvez perdre 200 $. 200 $ ÷ 5,50 $ = 36 actions, une position de 2 840,40 $. Si le stop est touché, vous perdez environ 198 $ plus les frais. Un gap sur résultats peut ouvrir sous le stop, et la perte réelle être plus lourde. Le calculateur de taille de position fait le calcul, et le guide stop loss et take profit présente les types d’ordres.
Comment calculer l’objectif d’une tasse avec anse
La convention habituelle des figures chartistes mesure la profondeur de la tasse et l’ajoute au niveau de cassure, comme le montre la flèche en tirets du dessin en haut de la page. Dans l’exemple, la profondeur est de 80,00 $ − 60,00 $ = 20,00 $, donc l’objectif mesuré est de 78,00 $ + 20,00 $ = 98,00 $, environ 25,6 % au-dessus du point d’achat.
Voyez-le comme un repère approximatif, pas comme une promesse. Le prix cale souvent avant, ici peut-être sur l’ancien plus haut de 80,00 $, et va parfois bien plus loin. Depuis l’entrée à 78,90 $, 98,00 $ est à 19,10 $, environ 3,5 fois le risque de 5,50 $ ; le guide du ratio risque/rendement explique comment juger cet arbitrage.
O’Neil lui-même ne visait pas d’objectif mesuré : il suggérait d’encaisser beaucoup de gains autour de 20 % à 25 %, environ trois fois une perte typique. Dans l’exemple, 20 % au-dessus de 78,90 $ donnent 94,68 $. Beaucoup de traders combinent les deux : ils vendent une partie près du premier objectif et remontent le stop sur le reste.
Qu’est-ce qu’une tasse avec anse inversée ?
La tasse avec anse inversée est l’image miroir baissière. Après une baisse, ou au sommet d’une hausse, le prix forme un dôme arrondi : il monte, s’arrondit et retombe près de son point de départ. Une petite anse dérive ensuite vers le haut dans la partie basse de la figure, et une clôture sous le plus bas de l’anse donne le signal. Le stop se place au-dessus du plus haut de l’anse, et la hauteur du dôme retranchée du niveau de cassure donne un objectif approximatif.
Hypothèse : une action monte de 50,00 $ à 60,00 $, s’arrondit et retombe à 51,00 $, un dôme de 10,00 $. Une anse remonte à 54,00 $ avec un faible volume, puis une bougie clôture à 50,60 $, sous le plus bas de l’anse à 51,00 $. Une vente à découvert à 50,60 $ avec un stop à 54,20 $, juste au-dessus du plus haut de l’anse, risque 3,60 $ par action ; l’objectif approximatif est de 51,00 $ − 10,00 $ = 41,00 $.
Les repères d’O’Neil décrivent la base haussière : prenez donc ces chiffres avec souplesse. La vente à découvert a ses propres risques, dont une perte sans plafond fixe et les short squeezes ; lisez d’abord le guide de la vente à découvert. Pour qui détient l’action, la cassure est simplement une raison d’alléger ou de sortir.
Pourquoi la tasse avec anse échoue
Les cassures de tasse avec anse échouent souvent, et un échec commence exactement comme le setup. Même trade hypothétique, autre scénario : la clôture à 78,90 $ est suivie de trois jours de repli dans l’anse, et le stop à 73,40 $ est touché. Avec 36 actions, la perte est d’environ 198 $, soit 1 % du compte : prévue et supportable. Le dessin ci-dessous montre trois défauts courants.
Beaucoup de défauts se voient avant la cassure ; d’autres, comme un marché faible, n’apparaissent qu’avec le contexte :
- Tasses en V : une chute et un rebond brusques, sans prendre le temps de construire une base.
- Anses dans la moitié basse, ou trop profondes : une anse qui plonge sous le milieu de la tasse, ou qui recule de plus d’environ 10–12 %, montre que les vendeurs dominent encore.
- Cassures sans volume : le prix franchit le point d’achat avec un volume ordinaire ou faible, signe que les gros acheteurs ne sont pas venus.
- Anses qui montent au lieu de descendre : souvent citées comme un défaut, car elles ne font sortir aucun détenteur fragile.
- Un marché général faible : quand les grands indices baissent, la plupart des cassures échouent, si belle que soit la base.
- Bases tardives : une troisième ou quatrième base après une longue hausse est couramment décrite comme plus fragile qu’une base précoce.
- Gaps sur résultats et biais rétrospectif : une publication peut faire ouvrir l’action sous votre stop, et les tasses parfaites des manuels ont été choisies après coup.
Comment trader une tasse avec anse, étape par étape
Mis bout à bout, le plan tient sur une fiche : faites le travail avant la cassure et laissez les ordres faire le reste. Le Volatility Contraction Pattern (VCP) offre un éclairage utile : une anse saine n’est souvent que la dernière contraction, la plus serrée, d’une base.
Si vous chronométrez vos entrées en intraday, UpTickFlow, notre indicateur TradingView sur invitation, ne détecte ni les tasses ni aucune autre figure chartiste ; tenez-en compte. Il attend qu’une bougie clôture sur un niveau, trace une entrée, un stop et un objectif avant le trade, note le setup de 0 à 100 et reste silencieux dans un marché sans direction : un second avis sur une cassure que vous avez trouvée vous-même, pas un scanner. Les étapes :
- Vérifiez le marché et l’action : grands indices en tendance haussière, et action avec une nette hausse préalable.
- Vérifiez la base : une tasse arrondie de profondeur raisonnable, au moins sept semaines environ au total, et une anse dans la moitié supérieure avec un volume qui se tarit.
- Marquez le point d’achat au plus haut de l’anse et placez-y une alerte ; le guide des alertes TradingView explique comment faire.
- N’entrez que sur un passage au-dessus du point d’achat avec un volume nettement supérieur à la moyenne, et pas plus d’environ 5 % au-dessus.
- Placez le stop juste sous le plus bas de l’anse, jamais à plus de 7–8 % sous votre prix, et calculez la taille de position à partir de lui.
- Prévoyez la sortie d’abord : un premier objectif vers 20–25 % de gain ou à l’objectif mesuré, et un stop que vous remontez sans jamais l’abaisser.