Qu’est-ce qu’un spread vertical en options ?
Un spread vertical combine deux options du même type sur le même sous-jacent et la même échéance : vous achetez un prix d’exercice et en vendez un autre. Le nom vient de la chaîne d’options, où les prix d’exercice sont listés en colonne, si bien que les deux jambes se trouvent l’une au-dessus de l’autre. Un spread à échéances différentes est un spread calendaire, ou horizontal, que ce guide ne traite pas.
La jambe vendue change tout. Un call 100 $ acheté seul a une perte limitée à la prime et un gain ouvert. Vendez un call 105 $ en face et la prime encaissée réduit votre coût, mais vous renoncez à tout gain au-dessus de 105 $. C’est le marché passé dans tout spread vertical : un coût ou un risque plus faible, en échange d’un gain plafonné.
Les courtiers exigent généralement un niveau d’autorisation sur options plus élevé pour les spreads que pour l’achat d’options, et les spreads créditeurs demandent souvent un compte sur marge. Si les options sont nouvelles pour vous, commencez par le trading d’options pour débutants, et consultez le guide des stratégies d’options pour situer les spreads.
- Spread débiteur (debit spread)
- Un spread vertical qui coûte de l’argent à l’ouverture, parce que l’option achetée vaut plus que l’option vendue. Le débit net est le maximum que vous pouvez perdre.
- Spread créditeur (credit spread)
- Un spread vertical qui vous rapporte une prime à l’ouverture, parce que l’option vendue vaut plus que l’option achetée. Le crédit net est le maximum que vous pouvez gagner.
- Largeur du spread
- L’écart entre les deux prix d’exercice. Un spread 100 $/105 $ fait 5 $ de large, soit 500 $ par contrat.
Spreads débiteurs : le bull call spread et le bear put spread
Un spread débiteur achète l’option la plus proche de la monnaie et vend une option plus éloignée. Vous payez une prime nette et avez besoin que l’action aille dans votre sens, mais moins loin qu’avec une option seule.
Bull call spread, pour une action en hausse : achetez le call 100 $ à 3,60 $ et vendez le call 105 $ à 1,60 $. Le débit net est de 2,00 $, soit 200 $ par contrat, et c’est la perte maximum, atteinte à 100 $ ou moins à l’échéance. Le gain maximum est la largeur moins le débit, 5 $ − 2,00 $ = 3,00 $ (300 $), atteint à 105 $ ou plus. Le point mort est le prix d’exercice acheté plus le débit, 102 $. Le call 100 $ seul coûterait 360 $ et aurait son point mort à 103,60 $, sans plafond sur le gain.
Bear put spread, pour une action en baisse : achetez le put 100 $ à 3,25 $ et vendez le put 95 $ à 1,35 $. Le débit net de 1,90 $ (190 $) est la perte maximum, à 100 $ ou plus. Le gain maximum est de 5 $ − 1,90 $ = 3,10 $ (310 $), à 95 $ ou moins, et le point mort est le prix d’exercice acheté moins le débit, 98,10 $.
Entre les deux prix d’exercice, le résultat est partiel : à 103 $, le bull call spread vaut 3,00 $, soit un gain de 100 $ pour 200 $ payés. Le calculateur de profit sur options vérifie n’importe quelle jambe ; retranchez la jambe vendue pour obtenir le spread.
Spreads créditeurs : le bull put spread et le bear call spread
Un spread créditeur vend l’option la plus proche de la monnaie et achète une option plus éloignée en protection. Vous encaissez une prime nette et la gardez entièrement si l’option vendue expire hors de la monnaie. Vous n’avez pas besoin que l’action aille dans votre sens ; il faut seulement qu’elle n’aille pas trop loin contre vous.
Bull put spread, pour une action que vous voyez tenir au-dessus d’un niveau : vendez le put 95 $ à 1,35 $ et achetez le put 90 $ à 0,35 $. Le crédit net de 1,00 $ (100 $) est le gain maximum, conservé à 95 $ ou plus à l’échéance. La perte maximum est la largeur moins le crédit, 5 $ − 1,00 $ = 4,00 $ (400 $), à 90 $ ou moins, et le point mort est le prix d’exercice vendu moins le crédit, 94 $. Par rapport à un put couvert par du cash à 95 $, le put 90 $ acheté plafonne la perte contre une partie de la prime.
Bear call spread, pour une action que vous voyez rester sous un niveau : vendez le call 105 $ à 1,65 $ et achetez le call 110 $ à 0,65 $. Le crédit de 1,00 $ (100 $) est le gain maximum, à 105 $ ou moins. La perte maximum est de 4,00 $ (400 $), à 110 $ ou plus, et le point mort est le prix d’exercice vendu plus le crédit, 106 $. Un call vendu à découvert n’a pas de plafond de perte ; le call 110 $ acheté en fixe un.
Observez la forme du pari : ici, les spreads créditeurs risquent 400 $ pour gagner 100 $, tandis que les spreads débiteurs risquent environ 200 $ pour gagner environ 300 $. Le spread créditeur rapporte moins parce que l’action part plus loin de sa zone de perte. Aucun n’est meilleur en soi, car les prix des options reflètent déjà la façon dont le marché voit chaque issue. Un bull put spread et un bear call spread sur la même action et la même échéance forment ensemble un iron condor.
Spread créditeur ou débiteur : formules du gain max, de la perte max et du point mort
Les quatre spreads partagent le même calcul : la largeur est toujours répartie entre le gain maximum et la perte maximum, et ce que vous payez ou encaissez fixe le point de partage.
D’où une vérification rapide. Dans le bull call spread, 2,00 $ + 3,00 $ = 5 $ ; dans le bull put spread, 1,00 $ + 4,00 $ = 5 $. Si vos deux chiffres ne donnent pas la largeur, l’un d’eux est faux. Par action, hors commissions, à l’échéance :
- Spread débiteur : perte max = débit net payé ; gain max = largeur − débit net.
- Spread créditeur : gain max = crédit net encaissé ; perte max = largeur − crédit net.
- Spreads de calls (bull call ou bear call) : point mort = prix d’exercice le plus bas + la prime nette, débit ou crédit.
- Spreads de puts (bear put ou bull put) : point mort = prix d’exercice le plus haut − la prime nette, débit ou crédit.
- Par contrat : multipliez chaque chiffre par 100, puis par le nombre de contrats.
Lequel choisir, un spread créditeur ou un spread débiteur ?
Tout dépend de votre scénario. Un spread débiteur a besoin du mouvement : il ne gagne qu’une fois l’action au-delà du point mort, et le temps joue contre vous pendant l’attente. Un spread créditeur a besoin qu’aucun fort mouvement ne vienne contre vous : il peut gagner si l’action va dans votre sens, reste immobile ou dérive un peu dans le mauvais sens, et le temps travaille pour vous. En contrepartie, sa perte maximum dépasse généralement ce qu’il peut rapporter, si bien qu’une mauvaise issue peut effacer plusieurs bonnes.
La largeur fixe la taille. Un spread de 5 $ répartit 500 $ par contrat entre gain et perte ; un spread de 10 $ double les deux. Décidez d’abord du risque, puis du nombre de contrats, pour que la perte maximum totale reste une petite part fixe de votre compte.
Le choix des prix d’exercice fixe à la fois le gain et la marge d’erreur. Pour un spread débiteur, une disposition courante consiste à acheter près de la monnaie et à vendre à votre objectif. Pour un spread créditeur, un prix d’exercice vendu plus éloigné du cours encaisse moins mais laisse plus de marge ; un plus proche encaisse davantage et se fait tester plus souvent. Beaucoup de traders ancrent le prix d’exercice vendu sur un niveau du graphique, comme un support pour un bull put spread. UpTickFlow trace une entrée, un stop et un objectif sur le graphique du sous-jacent ; il ne lit pas les données d’options et ne choisit pas les prix d’exercice. Pour aller plus loin : comment choisir un prix d’exercice.
La liquidité compte deux fois, car vous payez l’écart acheteur-vendeur sur deux jambes à l’entrée et deux à la sortie. Préférez les prix d’exercice actifs aux cotations serrées, et passez le spread en un seul ordre avec une limite de prix nette ; entrer une jambe après l’autre peut vous laisser avec une seule option si le marché bouge entre-temps.
Pourquoi un spread coûte moins cher et réagit moins à l’érosion du temps et à la volatilité
Dans le bull call spread, les 1,60 $ encaissés ramènent le coût de 360 $ à 200 $ par contrat. Le prix de cette remise est le plafond : au-dessus de 105 $, le call seul continue de gagner, le spread non.
La jambe vendue compense aussi une partie des grecques de la jambe achetée. Un call acheté perd chaque jour au thêta et perd encore si la volatilité implicite baisse ; le call vendu gagne sur les deux, si bien que le thêta et le véga nets du spread sont bien plus faibles. Un spread débiteur est donc moins exposé à un IV crush après les résultats, même s’il peut encore perdre si l’action ne bouge pas. Les spreads créditeurs inversent les signes : ils gagnent sur l’érosion du temps et la baisse de la volatilité tant que l’action reste loin du prix d’exercice vendu, et perdent quand la volatilité bondit.
La position du cours compte davantage à l’approche de l’échéance. Un spread débiteur déjà au-delà de son prix d’exercice vendu gagne à l’érosion, car sa valeur tend vers la largeur complète, tandis qu’un spread encore sous son prix d’exercice acheté y perd. Le guide des grecques détaille chacune d’elles.
Assignation anticipée et pin risk sur la jambe vendue
Les options sur actions et ETF américains sont de style américain : une jambe vendue peut être assignée n’importe quel jour ouvré, pas seulement à l’échéance. C’est le plus probable quand l’option vendue est très dans la monnaie et qu’il lui reste peu de valeur temps : un call vendu juste avant une date de détachement du dividende, ou un put vendu très dans la monnaie.
L’assignation ne casse pas le calcul, mais elle change ce que vous détenez. Si le call 105 $ vendu du bull call spread est assigné, vous êtes vendeur à découvert de 100 actions, toujours couvert par le call 100 $ acheté. Vous pouvez racheter les actions et vendre le call, ou exercer le call. D’ici là, votre courtier peut exiger de la marge, et si vous êtes vendeur pendant une date de détachement, vous devez le dividende, un coût que les formules n’incluent pas.
Le pin risk en est la version du jour d’échéance. Si l’action clôture au niveau ou tout près de votre prix d’exercice vendu, impossible de savoir si vous serez assigné : les options sur actions dans la monnaie d’au moins 0,01 $ sont exercées automatiquement sauf instruction contraire du détenteur, et les détenteurs peuvent encore décider après la clôture selon les nouvelles tardives. Vous pouvez commencer la séance suivante avec 100 actions par contrat, à l’achat ou à la vente, sans option pour plafonner le risque. Fermer ou reporter (roll) le spread avant la clôture le jour de l’échéance l’évite ; voir l’échéance des options.
Les spreads sur options d’indice de style européen réglées en espèces, comme SPX, n’ont pas d’assignation anticipée et ne livrent pas d’actions, même s’ils ont leurs propres règles de règlement ; voir SPX ou SPY.
Fermer un spread vertical avant l’échéance, et quand la stratégie échoue
Fermez un spread en un seul ordre avec une limite de prix nette : vendez le spread acheté, ou rachetez celui que vous avez vendu. Avant l’échéance, un spread débiteur se traite généralement sous sa largeur complète, même au-delà du prix d’exercice vendu, car l’option vendue garde de la valeur temps. Beaucoup de traders prennent l’essentiel du gain tôt plutôt que d’attendre les derniers dollars, et beaucoup de vendeurs de spreads créditeurs rachètent une fois la majeure partie du crédit acquise.
Les spreads verticaux échouent de façon reconnaissable :
- L’action va dans le mauvais sens : un spread débiteur peut perdre tout le débit, et un spread créditeur plusieurs fois son crédit.
- Le mouvement arrive trop tard : un spread débiteur ne paie que si l’action dépasse le point mort avant l’échéance.
- Un gap saute les deux prix d’exercice : une nouvelle de nuit peut faire passer la position du gain maximum à la perte maximum sans possibilité d’agir. Le plafond limite les dégâts ; il ne les empêche pas.
- Les coûts rongent un spread étroit : deux jambes, ce sont deux commissions et deux écarts acheteur-vendeur dans chaque sens.
- Le scénario demande un autre outil : pour un fort mouvement dans un sens inconnu, voyez le straddle et le strangle.
- La taille est trop grosse : dix spreads avec une perte maximum de 400 $ mettent 4 000 $ en jeu.