Qu’est-ce qu’un bilan ? Actifs = dettes + capitaux propres

Le compte de résultat couvre une période, une année par exemple ; le bilan est une photo à la fin de cette période. Chaque actif a été payé soit avec de l’argent emprunté, soit avec l’argent des propriétaires : c’est pourquoi les deux côtés sont forcément égaux. Sur le dessin en haut de la page, les 1 500 millions de dollars d’actifs de XYZ égalent 900 millions de dettes plus 600 millions de capitaux propres.

Les capitaux propres ne sont pas de l’argent rangé dans un tiroir. C’est un solde comptable : l’argent apporté par les actionnaires, plus les bénéfices que l’entreprise a conservés au fil des années (les réserves, ou bénéfices non distribués), moins les actions qu’elle a rachetées. Les 600 millions de XYZ se composent de 200 millions de capital versé et de 400 millions de bénéfices non distribués.

Actifs
Les ressources que l’entreprise contrôle et qui doivent lui rapporter à l’avenir : trésorerie, sommes dues par les clients, stocks, équipements, bâtiments, brevets.
Dettes (passif)
Les obligations envers des tiers : factures des fournisseurs, salaires et impôts dus, emprunts, obligations et contrats de location.
Capitaux propres
Les actifs moins les dettes, aussi appelés valeur comptable : ce qui resterait aux propriétaires si chaque actif était vendu à sa valeur au bilan et chaque dette remboursée.

Courant ou non courant : que trouve-t-on de chaque côté ?

Les deux côtés sont découpés selon le temps. Les actifs courants sont de la trésorerie ou doivent se transformer en trésorerie dans l’année ; les dettes courantes arrivent à échéance dans l’année. Tout le reste est non courant. Le dessin ci-dessous montre le bilan simplifié de XYZ, en millions de dollars :

  • Actifs courants, 600 : trésorerie et placements à court terme 240, créances clients 160, stocks 200.
  • Actifs non courants, 900 : immobilisations corporelles 600, goodwill et actifs incorporels 300.
  • Dettes courantes, 400 : fournisseurs, charges à payer et produits constatés d’avance 350, dette à court terme 50.
  • Dettes non courantes, 500 : dette à long terme 250, loyers et autres dettes 250.
  • Capitaux propres, 600. Total : 1 500 de chaque côté.

Tournez votre téléphone pour lire le dessin. Touchez pour fermer.

Deux colonnes empilées dessinées à la main, de même hauteur, en millions de dollars : les actifs 1 500 à gauche (trésorerie 240, créances clients 160 et stocks 200 en vert plein ; immobilisations 600 et goodwill et incorporels 300 hachurés) et les dettes plus capitaux propres 1 500 à droite (dettes courantes 400 en rouge plein ; dette à long terme 250 et autres dettes 250 hachurées ; capitaux propres 600 en jaune), avec un signe égal entre les deux et une légende : plein signifie courant, sous un an ; hachuré signifie non courant.

Trésorerie, créances et stocks : que surveiller ?

La trésorerie est la ligne la moins ambiguë : comparez-la à la dette. XYZ dispose de 240 millions de dollars de trésorerie face à 300 millions de dette totale (50 millions à court terme et 250 millions à long terme) : sa dette nette est donc de 60 millions. Une entreprise qui a plus de trésorerie que de dette affiche une trésorerie nette.

Les créances clients sont des ventes déjà enregistrées mais pas encore payées ; les stocks sont des marchandises qui attendent d’être vendues. Les deux devraient progresser à peu près comme le chiffre d’affaires. Si les créances bondissent alors que les ventes stagnent, les clients paient peut-être lentement ou des ventes ont été avancées ; si les stocks s’accumulent, la demande est peut-être plus faible que ne le suggère le compte de résultat. Les deux immobilisent de la trésorerie, ce qui se voit dans le flux de trésorerie disponible.

Le goodwill est ce qu’une entreprise a payé pour ses acquisitions au-delà de la valeur des actifs achetés. Ce n’est pas de la trésorerie, il ne peut pas être vendu seul, et il est déprécié si l’acquisition déçoit.

Ratio de liquidité générale, liquidité réduite et fonds de roulement

Ces mesures portent sur la liquidité : l’entreprise peut-elle payer ce qui arrive à échéance dans l’année ? Sur le dessin ci-dessous, le ratio de liquidité générale de XYZ est actifs courants ÷ dettes courantes = 600 ÷ 400 = 1,5. Le ratio de liquidité réduite exclut les stocks, qui peuvent mettre du temps à se vendre : (240 + 160) ÷ 400 = 1,0. Le fonds de roulement est la différence : 600 − 400 = 200.

Il n’existe pas d’objectif universel. Un ratio inférieur à 1 invite à regarder de plus près, il ne prouve pas une difficulté : les distributeurs qui vendent leur marchandise avant de payer leurs fournisseurs, et les entreprises d’abonnement qui encaissent à l’avance, fonctionnent souvent sous 1. Comparez avec l’historique de l’entreprise et avec ses concurrents directs.

Tournez votre téléphone pour lire le dessin. Touchez pour fermer.

Des colonnes dessinées à la main à gauche : une colonne d’actifs courants de 600 (trésorerie 240 et créances clients 160 en plein, stocks 200 hachurés en haut) à côté d’une colonne rouge de dettes courantes de 400 ; une ligne en pointillés au sommet des dettes et une double flèche verte désignent la partie des actifs courants située au-dessus comme le fonds de roulement, 200. À droite, une fiche de trois lignes : ratio de liquidité générale 600 ÷ 400 = 1.5, ratio de liquidité réduite (240 + 160) ÷ 400 = 1.0 avec la note sans les stocks, et fonds de roulement 600 − 400 = 200.

La dette et la valeur comptable par action

Ratio d’endettement = dette totale ÷ capitaux propres : 300 ÷ 600 = 0,5 pour XYZ. Certaines sources divisent plutôt le total des dettes, y compris fournisseurs : vérifiez la définition avant de comparer. Regardez aussi les échéances : un gros montant à rembourser l’an prochain pèse plus lourd que le même montant dû dans dix ans. La dette amplifie les résultats dans les deux sens, comme le montre le guide de la rentabilité des capitaux propres.

Valeur comptable par action = capitaux propres ÷ nombre d’actions en circulation. XYZ compte 90 millions d’actions : 600 millions de dollars ÷ 90 millions ≈ 6,67 $. La valeur comptable tangible exclut le goodwill et les incorporels : (600 millions − 300 millions) ÷ 90 millions ≈ 3,33 $. Le cours divisé par la valeur comptable par action donne le P/B des ratios de valorisation, surtout utile pour les banques et les assureurs.

La valeur comptable est un chiffre comptable, pas ce que vaut l’entreprise. Les marques, les logiciels et le savoir-faire développés en interne apparaissent à peine au bilan, et les rachats d’actions réduisent les capitaux propres : une excellente entreprise peut donc afficher une valeur comptable minuscule, voire négative.

Les signaux d’alerte du bilan

Lisez au moins trois années côte à côte ; un bilan isolé dit peu de chose. Ces situations méritent un examen attentif dans les notes annexes et dans la publication de résultats :

  • Des créances qui progressent bien plus vite que le chiffre d’affaires, année après année.
  • Des stocks qui s’accumulent plus vite que les ventes.
  • Une dette qui monte pendant que la trésorerie baisse, surtout si une grande partie est à court terme.
  • Un ratio de liquidité inférieur à 1 que le modèle économique n’explique pas.
  • Un goodwill élevé par rapport aux capitaux propres : une dépréciation peut effacer une bonne partie de la valeur comptable.
  • Des capitaux propres négatifs : trouvez la cause. Des années de pertes sont un avertissement ; des années de rachats peuvent produire le même signe chez une entreprise saine.

Tournez votre téléphone pour lire le dessin. Touchez pour fermer.

Une fiche en papier dessinée à la main, intitulée signaux d’alerte du bilan, avec un petit drapeau rouge devant chacune des six lignes : créances qui montent plus vite que les ventes, stocks qui s’accumulent plus vite que les ventes, dette en hausse et trésorerie en baisse, ratio de liquidité sous 1 : cherchez pourquoi, goodwill élevé face aux capitaux propres, et capitaux propres négatifs : trouvez la cause.