Qu’est-ce que le double mandat de la Réserve fédérale ?
La Réserve fédérale est la banque centrale des États-Unis. Le Congrès lui a fixé deux objectifs de politique monétaire, le plein emploi et la stabilité des prix, qu’on appelle le double mandat. La Fed définit la stabilité des prix comme une inflation de 2 % à long terme, mesurée par la variation annuelle de l’indice des prix PCE, l’une des publications du calendrier économique.
Les deux objectifs peuvent tirer en sens contraire. Quand l’inflation est trop forte, la Fed a tendance à garder des taux élevés ou à les relever, ce qui refroidit la demande mais peut coûter des emplois. Quand le chômage monte et que l’inflation est calme, elle a tendance à baisser ses taux. Une bonne part des réactions quotidiennes du marché aux chiffres revient à deviner quel objectif la Fed fera passer en premier.
- Taux des fonds fédéraux (fed funds)
- Le taux auquel les banques se prêtent leurs réserves au jour le jour. Le FOMC lui fixe une fourchette cible, qu’il déplace en général par pas de 0,25 point de pourcentage.
- Hawkish et dovish
- Hawkish (« faucon ») désigne un penchant pour une politique plus restrictive afin de combattre l’inflation ; dovish (« colombe »), un penchant pour une politique plus souple afin de soutenir l’emploi et la croissance.
Qu’est-ce que le FOMC et quand se réunit-il ?
Le FOMC fixe la politique monétaire américaine. Il compte 12 membres votants : les sept gouverneurs du conseil de la Réserve fédérale, le président de la Fed de New York et quatre des onze autres présidents de Fed régionales, qui tournent chaque année. Il tient huit réunions prévues par an, plus des réunions exceptionnelles si nécessaire.
Chaque réunion prévue dure deux jours. Le second jour, le communiqué sort à 14 h 00 ET et la conférence de presse du président de la Fed commence à 14 h 30 ET : 20 h 00 et 20 h 30 à Paris la plus grande partie de l’année, mais 19 h 00 et 19 h 30 pour la réunion d’octobre 2026, qui tombe pendant les quelques jours où l’écart n’est que de 5 heures. Le compte rendu (minutes) est en général publié trois semaines après la décision. Le guide du day trading sur SPY montre comment l’indice se comporte autour de 14 h 00 ET.
Les réunions de 2026 ont lieu les 27–28 janvier, 17–18 mars, 28–29 avril, 16–17 juin, 28–29 juillet, 15–16 septembre, 27–28 octobre et 8–9 décembre. Celles de mars, juin, septembre et décembre publient aussi les projections économiques de la Fed, dont le dot plot.
Comment les taux d’intérêt influencent-ils le cours des actions ?
Le taux des fonds fédéraux sert d’ancre aux taux courts de toute l’économie, et les anticipations sur son évolution font bouger les rendements des bons du Trésor à long terme, les taux hypothécaires et le coût d’emprunt des entreprises.
Hypothèse : une entreprise gagne 5 $ par action et se traite à 25 fois ses bénéfices, soit 125 $. Si des rendements plus élevés amènent les investisseurs à ne payer que 20 fois, le cours tombe à 100 $ avec les mêmes 5 $ de bénéfice. L’inverse se produit quand les taux baissent. Le lien est lâche : les taux bougent souvent avec les nouvelles sur la croissance et l’inflation, et les actions peuvent monter alors que les taux montent si les bénéfices progressent assez vite.
Les taux atteignent les actions par trois canaux, comme le montre le dessin en haut de la page :
- La valorisation : une action vaut ses flux de trésorerie futurs ramenés à aujourd’hui, et le taux d’actualisation monte avec les rendements ; les mêmes bénéfices justifient donc un PER plus bas.
- Les bénéfices : un crédit plus cher freine les dépenses et alourdit les charges d’intérêts des entreprises.
- La concurrence pour l’argent : quand un bon du Trésor rapporte davantage, les actions doivent offrir plus pour attirer des acheteurs.
Pourquoi les valeurs de croissance sont-elles plus sensibles à la Fed ?
La valeur d’une entreprise de croissance repose sur des profits attendus dans des années, et un flux lointain perd davantage de valeur actuelle quand le taux d’actualisation monte. Le guide actions de croissance ou de valeur fait le calcul : 100 $ dus dans dix ans perdent environ 17 % de leur valeur actuelle quand le taux d’actualisation passe de 4 % à 6 %, contre environ 2 % pour 100 $ dus l’an prochain.
C’est pourquoi le Nasdaq 100, riche en valeurs technologiques, et le QQQ peuvent bouger plus fort que l’ensemble du marché les jours de Fed. Les entreprises aux bénéfices réguliers dès aujourd’hui sont en général moins exposées à cet effet, même si une forte dette apporte son propre risque de taux.
Qu’est-ce que le dot plot de la Fed, et comment le marché lit-il ses messages ?
Quatre fois par an, en mars, juin, septembre et décembre, le FOMC publie son résumé des projections économiques. Son graphique le plus connu, le dot plot, montre où chaque participant estime que le taux des fonds fédéraux devrait se situer à la fin de cette année, de chacune des quelques années suivantes et à long terme. Chaque point est un membre ; la médiane est le chiffre que reprennent les titres de presse.
Les points sont des avis, pas une promesse ni un plan. Ils changent avec les données, et les points passés ont souvent différé de ce que la Fed a fait ensuite. Le marché lit aussi la formulation du communiqué et la conférence de presse : quelques mots modifiés sur la politique à venir, ce qu’on appelle la forward guidance, peuvent faire bouger les actions plus que la décision de taux elle-même.
Ce qui fait bouger les cours, c’est l’écart entre la décision et les attentes. Une baisse entièrement attendue peut passer presque inaperçue ; un statu quo surprise, ou des points montrant moins de baisses que ce que le marché avait intégré, peuvent faire bouger fortement les actions. Les options sur indices portent souvent un surcroît de volatilité implicite avant la réunion, qui disparaît ensuite, et beaucoup de traders réduisent leur taille avant, comme le conseille le guide de gestion du risque pour tout événement programmé.
Que sont le QE et le QT ?
L’assouplissement quantitatif (QE) : quand baisser les taux courts ne suffit pas, la Fed peut acheter de grandes quantités de bons du Trésor et de titres adossés à des prêts hypothécaires. Ces achats ajoutent des réserves au système bancaire et tendent à faire baisser les taux longs, ce qui soutient le prix des actifs. La Fed y a eu recours après la crise financière de 2008, puis en 2020.
Le resserrement quantitatif (QT) est l’inverse : la Fed laisse arriver ses obligations à échéance sans réinvestir la totalité des sommes, si bien que son bilan se réduit et que les réserves diminuent. Elle a mené un QT de 2017 à 2019, puis à partir de 2022, jusqu’à mettre fin à la réduction de son bilan le 1er décembre 2025. Les décisions sur le bilan sont annoncées dans les communiqués du FOMC : lisez-les à côté de la décision de taux chaque jour de Fed.