Le forex, c’est quoi ? Le marché des devises en clair
Forex est l’abréviation de foreign exchange : échanger une devise contre une autre. Banques, entreprises, fonds, États et traders particuliers le font pour le commerce, les voyages, la couverture et la spéculation. Il n’existe pas de bourse centrale : les échanges se font de gré à gré (OTC), via un réseau de banques et de courtiers, du lundi matin en Asie au vendredi après-midi à New York.
C’est le plus grand marché financier. La Banque des règlements internationaux (BRI) a mesuré un volume moyen d’environ 9 600 milliards de dollars par jour en avril 2025, le dollar américain figurant d’un côté d’environ 89 % des transactions.
En tant que particulier, vous tradez en général avec un courtier, pas sur une bourse. La CFTC rappelle que ce courtier est la contrepartie de votre opération, contrôle les prix affichés sur votre écran et se rémunère sur les spreads et les frais. Aux États-Unis, un courtier contrepartie du forex particulier doit être enregistré auprès de la CFTC et membre de la NFA ; ailleurs, vérifiez son agrément auprès du régulateur de votre pays avant tout dépôt.
Paires de devises : base, cotation, bid, ask et spread
Un cours de forex est toujours une paire. Dans EUR/USD 1,0850, l’euro est la devise de base et le dollar américain la devise de cotation : un euro coûte 1,0850 dollar. Acheter la paire (position longue), c’est parier que l’euro monte face au dollar. La vendre (position courte), c’est l’inverse, et vendre une paire est aussi courant que l’acheter.
Chaque cotation affiche deux prix, comme sur le dessin en haut de la page : 1,0850 / 1,0852. Le bid (1,0850) est le prix auquel vous vendez ; l’ask (1,0852), celui auquel vous achetez. L’écart de 0,0002 est le spread, soit 2 pips : c’est votre coût d’entrée et de sortie. Il est en général plus serré sur les paires les plus échangées et s’élargit aux heures calmes et autour des annonces ; le guide sur le spread bid-ask explique pourquoi.
Exemple hypothétique : vous achetez 10 000 euros d’EUR/USD à l’ask, 1,0852. À cette taille, chaque pip vaut 1 $, donc vous démarrez à −2 $ à cause du spread. Si le bid monte à 1,0902, vous gagnez 50 pips, +50 $. S’il descend à 1,0802, vous perdez 50 pips, −50 $. Une position gardée après le rollover quotidien, vers 17 h à New York (23 h à Paris), paie ou reçoit en général un petit montant de financement (swap ou rollover) selon l’écart de taux entre les deux devises et la marge du courtier.
Les paires se rangent en trois familles :
- Les majeures : le dollar américain face à l’euro, au yen, à la livre, au franc suisse, ou aux dollars canadien, australien ou néo-zélandais, comme EUR/USD, USD/JPY et GBP/USD. En général les spreads les plus serrés.
- Les croisées : deux devises majeures sans le dollar, comme EUR/GBP ou EUR/JPY.
- Les exotiques : une devise majeure face à une devise plus petite ou émergente. Spreads souvent plus larges et sauts plus brutaux.
C’est quoi un pip ? Valeur du pip et taille des lots
Le pip est l’unité standard de variation du cours : 0,0001 pour la plupart des paires (la quatrième décimale) et 0,01 pour les paires cotées en yen. Beaucoup de plateformes affichent un chiffre de plus, le pipette, qui vaut un dixième de pip. Passer de 1,0850 à 1,0875, c’est 25 pips.
Le lot est la taille de la position en unités de la devise de base : un lot standard vaut 100 000 unités, un mini-lot 10 000 et un micro-lot 1 000. Quand le dollar américain est la devise de cotation (EUR/USD, GBP/USD, AUD/USD, NZD/USD), la valeur du pip est exacte : 0,0001 × 100 000 = 10 $ par pip pour un lot standard, 1 $ pour un mini-lot et 0,10 $ pour un micro-lot.
Pour les autres paires, la valeur du pip sort dans la devise de cotation et doit être convertie. Sur USD/JPY, le pip vaut 0,01, donc un lot standard bouge de 1 000 ¥ par pip ; à un cours hypothétique de 150,00, cela fait 1 000 ÷ 150 ≈ 6,67 $. La taille du lot est là où les débutants se font mal : le même stop de 30 pips coûte 3 $ sur un micro-lot, 30 $ sur un mini-lot et 300 $ sur un lot standard d’EUR/USD.
Horaires forex : les sessions et le moment le plus actif
Le forex s’échange 24 heures sur 24, cinq jours sur sept. Par convention, la semaine ouvre vers 17 h le dimanche à New York, quand l’Asie-Pacifique démarre, soit vers 23 h le dimanche soir à Paris, et ferme vers 17 h le vendredi à New York (23 h à Paris). L’activité passe d’une place financière à l’autre, et les traders nomment ces plages, les sessions, d’après les villes.
Le chevauchement Londres–New York, d’environ 8 h à midi à New York (de 14 h à 18 h à Paris la majeure partie de l’année ; à Montréal, mêmes heures qu’à New York), est en général la plage la plus active, et les grandes statistiques américaines de 8 h 30 tombent dedans. En fin d’après-midi new-yorkais, la liquidité baisse et les spreads peuvent s’élargir. Le week-end présente un risque de gap : une nouvelle peut tomber marché fermé, et l’ouverture du dimanche peut se faire loin de la clôture du vendredi, en sautant par-dessus un stop. Pour le calendrier de la Bourse elle-même, voir les horaires de la Bourse américaine.
Les horaires des sessions sont des conventions, pas des heures officielles : les sources diffèrent d’une heure, Londres et New York décalent d’une heure en hiver boréal, et Sydney suit l’heure d’été australienne. Horaires approximatifs en UTC pendant l’été boréal :
- Sydney : environ 21:00 à 06:00 UTC.
- Tokyo : environ 00:00 à 09:00 UTC.
- Londres : environ 07:00 à 16:00 UTC.
- New York : environ 12:00 à 21:00 UTC.
Qu’est-ce qui fait bouger les devises ?
Un taux de change est le prix de la monnaie d’une économie dans celle d’une autre : il réagit à tout ce qui modifie la demande pour l’une ou l’autre devise. Les cours réagissent aux surprises par rapport aux attentes, et une même publication peut pousser une paire dans un sens comme dans l’autre.
Exemple hypothétique : le rapport sur l’emploi surprend et l’EUR/USD perd 60 pips en une minute. Une position longue avec un stop à 20 pips peut être exécutée plusieurs pips au-delà, car le cours a sauté par-dessus. Quatre moteurs font l’essentiel du travail, comme tendances plutôt que comme règles :
- Les taux d’intérêt et les banques centrales. Des taux attendus plus élevés tendent à attirer les capitaux vers une devise ; les traders suivent donc les décisions de taux et l’écart entre deux pays. Le guide sur la Fed et les taux d’intérêt explique le fonctionnement de la banque centrale américaine.
- Les statistiques économiques. Inflation (CPI), emploi, croissance et enquêtes d’activité modifient les anticipations de taux. Le CPI américain et le rapport sur l’emploi sortent à 8 h 30 à New York (14 h 30 à Paris), les décisions de la Réserve fédérale à 14 h (20 h à Paris).
- Le climat de risque. Dans un mouvement de peur, les capitaux vont souvent vers les devises jugées refuges et quittent les plus risquées.
- Les flux commerciaux et financiers. Exportateurs, importateurs et investisseurs qui déplacent de l’argent d’un pays à l’autre achètent et vendent des devises chaque jour.
L’effet de levier au forex, et pourquoi il est dangereux
L’effet de levier permet à un petit dépôt, la marge, de contrôler une position bien plus grosse. Aux États-Unis, les règles de la NFA fixent le dépôt minimum à 2 % de la position sur les devises majeures, soit un levier maximal de 50:1, et à 5 % sur les autres, soit 20:1, avec des minimums plus élevés sur certaines devises. Les autres pays fixent leurs propres limites, et certains courtiers offshore proposent bien davantage.
Exemple hypothétique : un compte de 2 500 $ achète un lot standard d’EUR/USD à 1,0850, une position de 108 500 $. Le dépôt de 2 % représente environ 2 170 $, donc l’opération passe. Mais un mouvement de 50 pips contre vous coûte 500 $, soit 20 % du compte, et un mouvement ordinaire de 1 %, environ 108 pips, coûte environ 1 085 $, soit 43 %. Le même mouvement dans votre sens rapporte autant : le levier agrandit les deux directions à l’identique.
Si les pertes consomment la marge, le courtier peut clôturer vos positions automatiquement, et un gap rapide peut faire passer le compte sous zéro. La CFTC avertit que les clients particuliers du forex peuvent devoir des pertes supérieures à leur dépôt initial. Le guide sur l’effet de levier et la marge détaille ce calcul pas à pas.
Trading forex pour débutant : gestion du risque et taille de position
Calculez chaque taille à partir du stop, pas du levier proposé. Fixez la perte maximale acceptée sur l’opération (beaucoup de traders la limitent à environ 1 % du compte), placez le stop là où l’idée est invalidée, et seulement ensuite calculez la taille.
Exemple hypothétique : un compte de 5 000 $ qui risque 1 % peut perdre 50 $. Le stop est à 25 pips, juste au-delà du niveau qui invalide l’idée, donc chaque pip peut coûter 50 ÷ 25 = 2 $. Sur l’EUR/USD, cela fait 2 mini-lots (20 000 unités), une position d’environ 21 700 $ : environ 4,3 fois le compte, très loin du maximum autorisé. Si le stop est touché, vous perdez environ 50 $ plus le spread, et le slippage pendant une annonce peut aggraver la perte.
Le calculateur de taille de position applique la même formule aux actions, et le guide de gestion du risque traite des limites journalières. Les habitudes qui gardent un débutant dans la partie :
- Entraînez-vous sur un compte démo jusqu’à ce que le calcul des pips devienne automatique.
- Commencez en micro-lots sur une ou deux paires majeures.
- Consultez le calendrier économique et restez sans position avant les grandes annonces tant que vous apprenez.
- Fixez une perte maximale journalière et arrêtez pour la journée quand elle est atteinte.
- Évitez de garder des positions le week-end tant que vous ne maîtrisez pas le risque de gap.